Notre projet pour 2005 - 15/01/2005
Notre projet pour 2005, au fond, c’est le vôtre. Vous avez souhaité que le département donne plus à l’éducation, la solidarité, l’emploi. Vous avez désiré plus de transparence et de rigueur dans la gestion de l’argent public. Vous avez voulu des élus proches de vos préoccupations et clairs dans leurs orientations. Le budget voté en décembre dernier rend sensibles ces changements que vous avez appelés par vos votes.
Notre projet pour 2005, au fond, c’est le vôtre. Vous avez souhaité que le département donne plus à l’éducation, la solidarité, l’emploi. Vous avez désiré plus de transparence et de rigueur dans la gestion de l’argent public. Vous avez voulu des élus proches de vos préoccupations et clairs dans leurs orientations. Le budget voté en décembre dernier rend sensibles ces changements que vous avez appelés par vos votes. La création des emplois-tremplins, des fonds nouveaux et des conseils pour la reprise d’entreprises, l’augmentation de l’aide à la mobilité des jeunes sont nos premières réponses pour l’emploi. Nous soutenons les collèges pour la rénovation, la mise aux normes des cuisines et des ateliers de SEGPA, la location des salles de sport et l’utilisation d’Internet. Nous donnons plus pour l’accueil des personnes âgées et nous impulsons la création de nouvelles maisons de retraite publiques. Nous repensons les modalités d’aide aux communes et aux villes et nous leur donnons des moyens plus importants, en préservant leur liberté de choix des projets. Bien sûr, nous soutenons nos agriculteurs et nos viticulteurs, nous réorganisons nos outils touristiques, nos itinéraires routiers pour plus d’efficacité. Nous concluons des contrats pluriannuels avec les associations pour qu’elles puissent compter sur une aide durable du département. L’année 2005 est aussi l’année des innovations, avec la mise en place de nouvelles aides culturelles et sportives, et surtout le démarrage d’une véritable politique de l’environnement. Nous lançons des projets pour la sauvegarde de l’eau, de l’air et de l’énergie. Nous espérons ainsi permettre à chacun de réussir, par l’éducation, le travail ou les loisirs, à mieux vivre en Saône et Loire. Que 2005 soit une année douce et bonne pour vous et votre famille.
29 mai et budget supplémentaire - 10/06/2005
Discours prononcé à l'Assemblée Départementale le 13 juin 2005
Avant de décliner l’ expression du groupe majoritaire sur les intentions politiques de cette session, je ne peux passer sous silence l’ importance du contexte national qui appelle à mes yeux une attention particulière. D’ abord, je voudrais me féliciter de le Libération de Florence AUBENAS et Hussein HANNOUN. C ‘est la liberté de la Presse et des personnes qui ont triomphé. Merci donc à tous ceux qui ont œuvré pour cette libération.
Mais je voulais aussi évoquer les résultats du référendum du 29 mai. La forte mobilisation des électrices et électeurs et le refus massif de la constitution européenne ont fait apparaître une très large fracture au sein de la société française. Centres urbains contre périphéries des villes, zones rurales contre métropole, aires modernes de croissance contre régions industrielles en difficultés , la carte de France du non épouse les contours des espaces où se concentrent les difficultés sociales , économiques et territoriales. Et qu'on ne se trompe pas, c'est bien la crise européenne qui a fait le non, ce n'est pas le non qui a fait la crise européenne. La puissance de ce vote constitue un signal à tous les responsables politiques, dont nous faisons tous partie.
Notre département n’a bien sûr pas échappé à cette tendance. Là aussi, l’implantation départementale du vote non est significative d’ un territoire qui souffre de perspectives de développement : entre les menaces qui pèsent sur des bassins industriels structurants de son potentiel d’emplois et les annonces récentes de fermetures de PME, entre des zones rurales qui peinent à percevoir les effets bénéfiques des mutations du monde agricole et où des services publics sont menacés de disparition, et entre des quartiers urbains où se vivent l’ addition des inégalités, il y a une rupture profonde qui s’ opère avec l’ Etat, et qui porte atteinte au pacte républicain.
Un nouveau gouvernement est installé, son premier ministre vient de présenter la politique des mois à venir dans le cadre de son discours de politique générale. Que faut-il en traduire ?
D’ une part, un aveuglement face à la crise qui secoue notre pays. Evoquer une mobilisation pour l’ emploi peut-être certes une intention louable, même si elle porte en elle même l’ aveu de l’ échec des gouvernements précédents ;mais faire porter les efforts sur les seuls salariés, en portant atteinte au code du travail par la mise en place du CDD de 2 ans,véritable bras armé de la flexibilité ; et en poursuivant en pure perte une politique de baisse des cotisations sociales pour les entreprises, après les 18 milliards d’ euros consentis dans le budget 2005 qui n’ auront donc servi à rien, si ce n’ est à créer des chômeurs de plus, c’ est ignorer la réalité de ce que vivent les salariés de notre pays.
C ‘est aussi une méprise de la représentation nationale, et l’ abandon du débat démocratique, puisque le gouvernement entend légiférer par le recours aux ordonnances. Cette nouvelle politique de l’ emploi se fera donc sans les partenaires sociaux, sans dialogue et au détriment des intérêts des plus fragilisés.
Si je fais cet aparté de politique nationale,ce n’est pas pour un effet de tribune ou pour exprimer une opposition de principe à un gouvernement libéral qui porte des objectifs opposés à ceux de notre groupe majoritaire, mais pour appeler la représentation départementale à la plus vive vigilance quant aux conséquences locales de cette politique.
En effet, lorsque l’ Etat s’appauvrit, lorsque l’ économie locale s’essouffle par les effets du ralentissement de la croissance, lorsque le gouvernement recherche toutes les marges de manœuvres financières pour compenser le manque de recettes publiques résultant de sa politique d’ allégement de charges et d’ impôts ; au bout de la chaîne il reste les collectivités locales, et surtout la notre eu égard à notre grande responsabilité en matière de politique sociale et d’insertion, pour en gérer les conséquences. Je crains fort que les dispositions prises par le gouvernement n’engendrent qu’une augmentation de la précarité, du nombre de bénéficiaires du RMI et autres prestations sociales. Comme l’ a rappelé le Président dans son propos introductif, et alors que Monsieur De Villepin est signataire de la loi d’ août 2004 puisqu’ il occupait à l’ époque la fonction de ministre de l’ Intérieur, nous sommes inquiets de l’absence du mot décentralisation dans le discours de politique générale du premier ministre . Pour ce qui devait être « la mère des réformes », avouez qu il y a de quoi s’ interroger sur la volonté de l’ Etat à éclaircir l’ horizon des collectivités locales quant à l’ application de pans entiers de cette loi de décentralisation. A ceux qui nous accusaient de dénoncer « une vision politicienne » de la décentralisation, lorsque nous mettions en cause le désengagement de l’ Etat, je voudrais maintenant rappeler que nos questionnements sur les conditions financières de la décentralisation se posent avec encore plus d’ acuité.
Et ; pour finir, que dire du choix d’un Ministre de l’ intérieur , dont la fonction de patron des préfets est constitutionnellement incompatible avec celle de Président du Conseil Général des Hauts de Seine qu’ il cumule ! Comment le Préfet de ce département pourra-il en toute liberté contrôler les actes de légalité de ce Président d’ exécutif départemental , qui est en même temps son ministre ? Enfin, et c’ est une situation inédite dans l’ histoire de notre République, comment concevoir que ce même Ministre de l’ Intérieur cumule aussi la Présidence du Parti majoritaire à l’ Assemblée, et sera chargé de l’ organisation des futures élections ?
Ces éléments de contexte posés, qui place notre action sous une grande responsabilité, je voudrais rappeler combien notre détermination à faire évoluer ce département est grande , et combien les principaux rapports présentés s’inscrivent dans cette démarche, qui combine l’ esprit d ‘ évolution et l’impératif de solidarité.
Sur le registre de l’ aménagement du territoire, en proposant à cette assemblée de modifier considérablement notre intervention en direction des communes et intercommunalités, notre politique contribue à une meilleure prise en compte des besoins locaux, à faire émerger et aboutir localement des pratiques de concertation qui permettent de financer des projets cohérents pour chaque bassin de vie, et surtout à une meilleure équité, en tenant compte du potentiel et de l’ effort fiscal. C’ est enfin une forme de justice dans le traitement de nos concitoyens, qui va bien sur dans le sens d’une meilleure répartition entre le monde rural et le secteur urbain. C’ est surtout une méthode qui permet au conseiller général d’être au cœur des mutations et des projets de son territoire, en étroite collaborations avec les Maires et les élus de chaque territoire. A ceux qui promettaient en décembre dernier le « centralisme vers le département » et le « bouleversement au détriment des petites communes rurales », nous leur montrons que nous sommes totalement en accord, dans le cadre de cette réforme, avec notre déclaration d’ intention qui était, je le rappelle, d’ organiser le développement local autour de la notion de « bassin de vie », et de mettre fin au fait que notre collectivité soit uniquement un guichet, au détriment d’ un outil qui fédère des projets locaux concertés.
Pour ce qui concerne les familles de ce département, nous avions dit que pour les élèves relevant du règlement départemental des transports scolaires, nous ferions tout pour étendre la gratuité à tous les publics : Cette démarche est entérinée par le rapport sur ce sujet , qui propose que le conseil général intervienne aussi pour les élèves internes et ceux domiciliés à plus de 3 kilomètres de l’ établissement scolaire. Plus de 3000 élèves sont concernés par cette réforme. Elle s’ ajoute à la nouvelle bourse de rentrée scolaire, qui permettra à de nombreuses familles non bénéficiaires d’ une bourse nationale, mais non imposables, de faire face aux dépenses de rentrée scolaire qui ponctionnent tant les budgets familiaux. Ces deux mesures, l’ une généraliste et l’ autre qui s’ adresse aux familles les plus modestes prouvent notre volonté d’ ancrer notre action pour plus de solidarité.
Ces décisions immédiates n’ empêchent pas la prospective et la créativité. J’ aurai l’ occasion de décliner les objectifs de l’ agenda 21 départemental , dans le cadre du rapport consacré à ce sujet . Mais d’ ores et déjà , je puis vous dire que la démarche dans laquelle nous nous engageons nous permettra de mettre en place au Conseil général et sur l'ensemble du territoire, de nouveaux modes de développement et de fonctionnement. Une dynamique vitale de transformation, de créativité et d'invention, au service d'un territoire solidaire, de la protection de l' environnement et de gestion des ressources naturelles, du développement économique à long terme.
Dans ce domaine plus particulièrement, je voudrais d'ailleurs évoquer le succès du Kit créateur repreneur d’entreprises, qui nous oblige à inscrire des crédits complémentaires à hauteur de 425000 en ce sens. Cela prouve que la collectivité peut initier du développement économique face aux besoins en matières de petites entreprises.
Budget du département : une réorientation nécessaire, des engagements... - 02/01/2005
Article dans Saône et Loire magazine - juin 2004
Les trois jours de session du budget supplémentaire de juin 2004 ont été le lieu des transformations exigées par nos électeurs et électrices. Les élus de gauche ont posé en effet les nouvelles pierres d’un édifice de solidarité, de justice et de respect des citoyennes et des citoyens. Fidèles à nos engagements, nous mettons en œuvre une nouvelle politique d’action sociale, de gestion et de répartition de l’argent public. Ainsi, nos premières mesures sont d’abord des mesures de protection des plus faibles avec une révision de la prise en charge des frais d’aide à domicile des personnes âgées par la suppression du reste à payer qui touchaient surtout les familles aux revenus les plus modestes. C’est 92% des allocataires de l’Aide Personnalisée à l’Autonomie qui bénéficieront de cette mesure. La gratuité des transports scolaires dès la rentrée de septembre concernera 14000 collégiens. Nous faisons l’inventaire des besoins urgents des collèges. Nous soutenons aussi la viticulture en crise en permettant la mise en place d’un diagnostic de la situation. Pour une meilleure gestion de l’argent public, nous assainissons le budget du Comité Départemental du Tourisme, dont le déficit régulier est enrayé. Nous cessons aussi de financer des travaux de rénovation de l’appartement du Président qui ont déjà coûté plus de 275000 € aux contribuables. Nous revoyons la politique d’aide sociale conduite jusqu’alors en cherchant à la rendre plus efficace, en accompagnant les personnes en difficulté et les professionnels, et surtout en contrôlant la gestion des fonds d’aide sociale. Les Conseillers Généraux de gauche continueront leurs efforts pour plus de justice, de solidarité et de transparence dans la préparation du budget 2005, et resteront extrêmement vigilants quand à l’utilisation des fonds publics.
Une nouvelle politique en Saône et Loire : comment ? - 02/01/2005
Intervention en Assemblée Départementale : débat d'orientation Budgétaire. Discours
Monsieur Le Président, chèr(es) collègues,
Je suis très heureux de pouvoir m’ exprimer en tant que Président du groupe majoritaire de cette assemblée, et par ma voix je souhaite défendre les orientations budgétaires dont nous discutons ensemble. Je ferai cette défense sans polémiques politiciennes stériles mais à la lumière des arguments exposés et des options qui sont présentées. Le débat d’ orientation budgétaire traduit concrètement l’ ambition politique d’ une collectivité, et expose publiquement les options que nous souhaitons voir se concrétiser pour transformer la Saône et Loire, et améliorer la qualité de la vie de nos concitoyens.
Au préalable, je voudrais insister sur l’ esprit de responsabilité qui a animé le groupe majoritaire : installée en mars 2004, la nouvelle majorité aura en charge son premier budget qui sera l’ occasion d’ engager la Saône et Loire sur des changements voulus par les électeurs, en s’ adaptant au cadre existant à notre arrivée. En gestionnaire responsable de l’ argent public, il nous fallu tout d’abord procéder à un état des lieux de la gestion précédente afin de mieux appréhender la situation du département,rechercher les moyens les plus efficaces d’ action et dégager des orientations claires pour plus de solidarités.
Trois termes me viennent immédiatement à l’esprit lorsque l’ on évoque ces orientations budgétaires : la sincérité , le courage et l’ ambition.
La sincérité dans l’ action publique, c’ est de proposer des choix budgétaires qui correspondent aux engagements électoraux sur lesquels nous avons été élus.
Sur ce registre, nos orientations marquent une rupture significative avec l’ éclatement des compétences d’ actions qui déséquilibraient fortement le territoire, ne répondaient pas aux besoins des habitants de ce département, et éloignaient celui-ci de ses compétences premières. Dans les orientations présentées, on remarque le retard considérable pris,en comparaison avec des départements identiques en terme de population, en matière de dépenses consacrées pour le fonctionnement et l’ investissement pour les collèges ( 37 euros de dépenses par habitant contre 47 en moyenne), nous proposons de porter l’ effort de la collectivité dans ce secteur à plus de 9 millions d ‘euros en fonctionnement et d’ augmenter les investissements de 48 % par rapport au budget 2004: parce que nous considérons l’ éducation comme prioritaire, et parce que les conditions de la réussite scolaire de tous les collégiens sont primordiales pour l’ avenir du département.
De même, la contribution au Service Départemental d’ Incendie et de Secours sera accrue de plus de 11% en fonctionnement, et de 250000 euros en investissement, rattrapant là une situation calamiteuse: c’ est un choix fort, celui de la sécurité de la population, et celui du maintien,pour tous les territoires, d’ un service de proximité. C’ est un engagement de cohésion territoriale, que nous porterons au plus haut dans le cadre de ce débat budgétaire.
Le courage dans l’ action publique, c’ est de tenir un langage de vérité sur les choix contraints de politique fiscale qui s’ imposent à nous.
Le désengagement de l’ Etat, ajouté aux incertitudes liées aux conditions de transfert des crédits correspondants aux nouvelles charges que le Département assumera dans le cadre de la décentralisation, ainsi que la fin des financements FEDER engagent à la prudence et proposent qu’ une augmentation maîtrisée de la fiscalité contribue à l’ équilibre budgétaire : c’ est une option que nous redoutions, mais face à la réalité des chiffres, elle s’ impose en Saône et Loire comme dans l’ immense majorité des départements français car seul l’ impôt peut garantir la pérennité de notre ambition pour la solidarité intergénérationnelle et territoriale : nous expliquerons ce choix et le contexte qui a prévalu à celui-ci,et en y ajoutant qu’ il aura pour corollaire celui d’ une gestion rigoureuse des moyens de fonctionnement.
Enfin, ce projet de budget s’ appuie sur volonté de mettre en œuvre une politique concrète de cohésion sociale, en s’appuyant sur une série de mesures qui viennent en aide aux familles les plus modestes : en recentrant notre intervention sur plus d’ équité et de lisibilité, nous réaffirmons notre ambition de mieux servir la Saône et Loire
Cette ambition de solidarité, nous la retrouvons au travers des orientations proposées pour le maintien à domicile des personnes âgées : le coût de près de un million d’ euros consenti pour la suppression du reste à charge de l’ APA, ainsi que l’ effort qui sera fait en faveur des équipements sociaux vont dans le sens d’ un soutien aux citoyens les plus fragilisés : c’ est une obligation de notre collectivité de les soutenir.
Nous proposons d’ accroître notre participation au logement social, en aidant l’ OPAC dans sa politique de non augmentation des loyers, c’ est là aussi la traduction concrète de s’ adresser en priorité aux revenus les plus modestes puisque cette intervention bénéficiera à près de 30000 foyers. Au moment ou l’ Etat se désengage du logement social en réduisant les aides au fonds social logement, nous prendrons cette mesure volontariste.
Par ailleurs, nous souhaitons maintenir le principe de la gratuité des transports scolaires qui aura un impact budgétaire conséquent .
Dans ces orientations budgétaires, les priorités de la majorité vont à l’ éducation, à la solidarité, au programme d’ infrastructures routières et surtout à la préservation de services publics de proximité indispensables aux besoins de la population, en milieu urbain comme en milieu rural. Elles maintiennent aussi les interventions en matière économique, de soutien à l’ agriculture et à la viticulture,de lancement d’ une politique environnementale lisible. Enfin, elles ne nous interdisent pas, comme nous nous y sommes engagés, de poursuivre l’ accompagnement des communes et intercommunalités, dans un souci de clarification et de cohérence de nos interventions, et d’ un meilleure équilibre entre le secteur urbain et le secteur rural. Tout cela en intégrant un contexte plus que défavorable, et en maîtrisant la fiscalité et l’ endettement.
Forte de ces engagements, la nouvelle majorité que j’ ai l’ honneur de présider apporte tout son soutien à ces orientations budgétaires, parce qu’ elles donnent des signaux forts de changements et respectent les engagements pris devant les électeurs, parce qu’ elles esquissent les fondements d’ une Saône et Loire plus ambitieuse et plus solidaire.
Session - politique générale 26 septembre - 26/09/2005
Monsieur le Président, chers collègues,
Les propos du Sénateur Emorine, ne laissent jamais de m'étonner. J'en veux pour preuve les épouvantails datant au moins de la crise de Cuba, les vieilles lunes de la planification socialiste, de l'impôt socialiste ou le carcan imposé aux communes que vous répandez un peu partout dans la presse. Je tenais à vous en parler de vive voix dans cette assemblée car si le style que vous prêtez à votre opposition dans l'Assemblée Départementale ne regarde que vous, choisissez au moins dans un répertoire actuel vos critiques, car j'ai bien peur que vos vaticinations qui nous annoncent l'arrivée des chars soviétiques Place de l'Hôtel de Ville à Chalon sur Saône soient périmées. Non, monsieur le Sénateur, nous avons depuis longtemps remisé les couteaux que nous avions entre les dents, et nous ne mangeons plus les enfants.
Que dire aussi de cette mascarade concernant le nationalisme économique ? Mais de qui se moque t'on ? Un libéralisme sans frontière, appuyé sur la puissance des fonds de pension, et des banques d'affaires, viendrait périr devant la ligne Maginot de nos bonnes intentions ? Pincez-moi je rêve. C'est sans doute aussi cette même idée de la France qui vous pousse à détruire le droit du travail, pour réhabiliter la corvée. Un salarié sous le régime du Contrat Nouvel Embauche a bien du souci à se faire. En effet, avec le CNE, le gouvernement Villepin que vous soutenez si vaillamment, octroie ni plus ni moins aux entreprises de moins de 20 salariés le privilège de licencier quand bon leur semble.
Que pensez de votre schizophrénie, lorsque d'une main, vous votez sans faiblir la fermeture des postes d'enseignants à l'Assemblée et au Sénat, et, et de l'autre vous prenez le téléphone pour obtenir quelques miettes et apaiser votre population en colère ? Les parlementaires UMP du département communiquent beaucoup dans la presse sur les deux ou trois rattrapages obtenus au ministère, mais oublient souvent pourquoi ils sont nécessaires. La vérité c'est que dans cette période de crise aggravée, le gouvernement amoindrit les outils de la paix sociale que sont les services collectifs dans le domaine de l’ éducation, de la santé ou de l’ aménagement du territoire.
Vous nous reprochez souvent le "tout gratuit", alors qu'il s’agit juste de redistribuer du pouvoir d’ achat aux familles les plus modestes et d’ investir pour des secteurs prioritaires. Non, la gratuité n'engendre pas d' irresponsables. Il n’ y pas eu en 2005, de « sur utilisation des transports scolaires ». Le citoyen est responsable. Oui, l' argent public doit servir à soutenir et à protéger. Oui, nous pensons qu'il est nécessaire d'offrir une chance supplémentaire aux familles des internes, ou des élèves de l' enseignement adapté. Nous sommes certes pas d'accord, car c'est vous donnez plus à ceux qui ont plus...
Que d'indécence à vouloir plafonner l'impôt sur le revenu, un véritable cadeau aux plus fortunés, dont les plus crédules pensent encore qu'ils investissent en France...Oui, c'est votre politique fiscale qui réduit les impôts des plus fortunés, allège les charges des entreprises, avec les résultats qu'on connaît, mais rogne encore sur la capacité de l’ Etat. C'est votre politique fiscale qui nous prive de ressources à même de financer la solidarité.
Monsieur le Président, chers collègues, dans ce contexte, un état dépecé et impuissant, un monde du travail en constante dégradation, une crise sociale majeure, nous sommes profondément inquiets. Et j'ai bien de la peine à trouver un motif d'amusement aux facéties de la chaise vide... Les difficultés s'amoncellent, la violence sociale se développe, la vie devient plus dure. Cela nous concerne tous. Le département jouera son rôle. C'est son devoir. Mais il attend en retour des engagements fermes, des informations fiables et des moyens d'agir.
Je vous remercie
Premier discours en assemblée départementale - 01/01/2005
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Conseillers Généraux,
Chèr(e)s collègues et ami(e)s,
Je souhaiterais prendre la parole au nom du groupe , de manière sans doute décalée par rapport au sentiment d’autosatisfaction manifesté par nos collègues de l’opposition qui viennent d’intervenir. Permettez-moi tout d’abord d’exprimer toute mon émotion en ce jour particulier. C’est en effet un honneur pour moi de présider le Groupe des élus Socialistes, Radicaux et Divers Gauche de la nouvelle majorité départementale. C’est un groupe de femmes et d’hommes résolus, proches des citoyens et porteurs de valeurs de solidarité et de fraternité que j’ai l’immense joie de représenter aujourd’hui. Je tiens à faire part de la profonde estime que j’ai pour eux en ce moment très solennel pour moi. Chaque jour, nous travaillons à l’amélioration de la vie des citoyens de Saône et Loire . En première ligne, Monsieur Christophe SIRUGUE, Président, omniprésent dans le département, à l’écoute et respectueux de tous, initie et coordonne le renouveau de la politique départementale. C’est toute une équipe qui s’attache à réaliser notre projet pour la Saône et Loire, dans la proximité, l’intégrité et la conscience aigue des enjeux et des défis que nous avons à relever. C’est l’esprit de service qui nous anime et chaque élu s’emploie au quotidien à la mise en œuvre d’actions solidaires, équitables et dynamiques. Mais je ne peux engager mon propos sans faire moi aussi référence à la nouvelle sanction imposée au Gouvernement lors de ces élections européennes. Cinq électeurs français sur six ont condamné hier la politique défendue par l’UMP. Les électeurs et électrices ont une fois de plus, c’est-à-dire pour la troisième fois, affirmé leur désaccord profond de la politique conduite. Sanctionnant non seulement une politique sans perspective, loin du citoyen et de son besoin de protections élémentaires mais plus fondamentalement encore une politique d’économie ultra-libérale, qui détruit le lien social, déréglemente l’emploi, fragilise nos système de santé et de protection sociale et démantèle nos services publics. Défendre l’emploi et le droit des salariés, les services publics et la protection sociale, mais surtout offrir l’espoir d’une vie meilleure pour 450 millions d’européens, voilà l’enjeu de cette élection. A juger le cynisme, l’agressivité et l’arrogance de nos contradicteurs aujourd’hui, il semblerait que ce troisième avertissement n’ait pas encore été entendu. A nos côtés, et en charge d’un des plus gros dossiers que gère le département, c’est-à-dire l’action sociale, Evelyne COUILLEROT a conduit une campagne des élections européennes sur la liste de Pierre MOSCOVICI. Ce combat politique est bien évidemment le nôtre, à tous les degrés de gestion de la vie publique, ici au Conseil Général, au Conseil Régional, au Parlement Européen et bien sûr prochainement à l’Assemblée Nationale et au Sénat. La bataille se jouera à chacun de nos pas. Ces trois jours de session seront le lieu des transformations exigées par nos électeurs et électrices. Durant ces trois jours, nous poserons les pierres nouvelles d’une édifice de solidarité, de justice et de respect des citoyennes et des citoyens. Le groupe des élus Socialistes, Radicaux et Divers Gauche participera de toutes ses forces et ses convictions à l’avenir de ce département, un avenir solidaire, équitable et dynamique.
Tout passe d’abord par un changement de méthode de travail et un nouveau rapport des élus aux citoyens de Saône et Loire. Des rencontres multiples, la mise en place de diagnostics précis, la définition d’objectifs communs dans l’intérêt de tous, l’évaluation régulière des résultats sont les piliers de la nouvelle politique départementale engagée par Monsieur Christophe SIRUGUE. Nous sommes présents aux côtés des habitants de nos cantons, des élus pour apporter notre concours, notre travail, à la mise en place d’une nouvelle solidarité départementale, équilibrée et respectueuse des besoins de chaque territoire. La présence à nos côtés des services du Conseil Général vient étayer notre action et nous remercions collectivement le professionnalisme des fonctionnaires fidèles à leurs engagements. Notre fidélité, à nous, élus est celle qui nous lie aux citoyennes et aux citoyens qui nous ont fait confiance : c’est tout simplement tenir nos engagements de campagne pour une décentralisation républicaine, équitable et citoyenne, pour une gestion départementale, équilibrée , juste et transparente. Mais comment ? Nos premières mesures sont d’abord des mesures de justice, de protection des plus faibles avec une révision de la prise en charge des frais d’aide à domicile des personnes âgées avec la suppression du reste à payer qui touchaient en priorité les familles aux revenus les plus modestes. Nous mettrons de même en place la gratuité des transports scolaires dès la rentrée de septembre. Nous soutiendrons la viticulture en permettant la mise en place d’un diagnostic précis de la situation, nous assainirons la gestion du Comité Départemental du Tourisme, dont le déficit doit être justement enrayé et les dépenses maîtrisées. Nous mettrons à plat la politique d’aide sociale conduite jusqu’alors en cherchant à la rendre plus efficace et mieux gérée, en accompagnant les personnes en difficulté et ainsi en les formant à mieux gérer leurs problèmes.
Nous soutiendrons un programme précis de rénovation et d’équipement des collèges, dans une répartition équitable et équilibrée des territoires.
Nous développerons des projets d’infrastructures, des routes et des transports conséquents et programmés. Nous aurons ainsi à nous battre pour que le projet R.C.E.A ne soit pas lettre morte.
Je me permets d’ouvrir une parenthèse. En effet, nous devons travailler dans des conditions particulières de désengagement tout azimuts de l’Etat pourtant où il intervenait en collaboration avec la collectivité. Dans le domaine social, éducatif, environnemental, pourtant des baisses ou des suppressions de subventions ou des aides de l’Etat, résultant de choix gouvernementaux faits à Bercy, entérinés par l’Elysée et Matignon. Nous témoignerons chaque fois que nous le pourrons devant les citoyens mais aussi devant les élus nationaux. A cet égard, je ne doute pas que le nouveau Sénateur EMORINE, très au fait des questions liées à la ruralité et à l’économie, témoigne des inquiétudes des citoyens dans le département face à la disparition programmée des bureaux de poste, l’abandon du projet RCEA et ce, d’autant plus, qu’il vient d’acquérir de très hautes responsabilités supplémentaires au sein de la commission des Affaires Economiques et du Plan au Sénat. Je ferme la parenthèse.
Voilà donc les principaux axes de travail dont les premiers jalons seront posés lors de cette session. C’est bien évidemment la session de préparation au budget 2005 qui sera décisive, puisque la majorité aura (enfin) la maîtrise complète de la mise en place et de l’exécution du budget du département. D’autres dispositions, d’autres programmes viendront alors étoffer les projets départementaux, dans le sens d’une plus grande transparence, d’une plus grande équité et surtout d’un mieux être des citoyens de Saône et Loire. Tous ensemble, les élus de la majorité départementale soutiennent notre président, Christophe SIRUGUE, dans la conduite de, ces transformations indispensables au département et renouvellent au citoyens leur dévouement. Je vous remercie.
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