Campagne européenne 2009 - 10/04/2009 Le manifeste : le projet des socialistes européens
Le Manifeste du PSE est un document élaboré à partir du travail de milliers de militants de tous les partis socialistes d’Europe. Il est unique en son genre car il est le seul programme commun pour ces élections. Aucune autre formation siégeant au Parlement européen n’a été aussi loin. Il est le résultat également d’un travail mené par des partis confrontés à des réalités différentes – certains sont au pouvoir, d’autres sont dans l’opposition - mais animés par des ambitions communes.
Nous y avons intégré toutes les options politiques qui expriment face aux électeurs notre projet politique commun pour l’Union européenne en insistant sur le clivage gauche-droite. Le manifeste de 2004 n’était que le résultat de discussions entre dirigeants des partis membres. Nous voulions le rendre plus vivant et concret, pour relancer l’intérêt des citoyens dans ces élections plombées par l’abstention.
Poul Nyrup Rasmussen, président du Parti socialiste européen (PSE ou PES en anglais), a proposé de changer profondément ce processus : le Manifeste a été préparé par des propositions recueillies à la base des partis membres. C’était une démarche sans précédent.
Les militants pouvaient soit envoyer leurs idées sur le site manifesto2009.pes.org ou monter des débats dans leurs régions sur les thèmes choisis.
Le Manifeste a ainsi reçu les contributions de milliers de militants de toute l’Europe. Preuve que « les citoyens d’abord », c’est plus qu’un slogan, c’est déjà une pratique politique chez les socialistes.
Le 12 mars dernier, les militants socialistes français ont également adopté un texte d’orientation "Donner une nouvelle direction à l'Europe", pour enrichir le manifeste européen, avec nos spécificités, notre approche des problèmes mais aussi ceraines de nos réponses.
Les socialistes français disposent donc aujourd’hui de deux textes fondamentaux pour entamer la campagne des élections européennes.
Les socialistes européens sont unis pour réaliser concrètement ce changement et remettre les citoyens au cœur d’une Europe plus sociale, plus écologique, plus solidaire. Le Parti Socialiste français mène, avec ses partenaires européens, la première campagne européenne à l'occasion de ces élections. Parce que les problèmes sont communs, les réponses sont communes et la campagne doit l’être tout autant.
Il faut donc créer le mouvement qui portera demain une majorité de gauche en Europe. Mobilisons nous pour faire connaître le Manifeste !
Donner une nouvelle direction à l’Europe
Mars 2009 Voté à la quasi-unanimité par le Bureau national et le Conseil national du 28 février, ce texte est le socle de départ du programme des socialistes pour les élections européennes de juin prochain.
I Nouveau monde, nouvelle Europe
Un besoin impérieux d’Europe
Rarement le besoin d’Europe n’a été aussi impérieux : les grands défis d’aujourd’hui -la crise économique et sociale, le dérèglement climatique, les dérives autoritaires des États, les conflits régionaux armés- ont tous des racines internationales et appellent des réponses internationales. Beaucoup peut et doit être fait au niveau des régions et des nations. Mais le niveau européen et mondial est décisif.
Les socialistes sont des partisans résolus de la construction européenne. Parce qu’elle a garanti la paix, l’Etat de droit, la démocratie sur notre continent. Mais aussi parce que l’Europe est nécessaire à une grande politique de réformes économiques et sociales. Où en serions-nous si l’Europe n’avait pas, avec Mitterrand, Delors et Kohl donné une issue maîtrisée à la chute du Mur de Berlin dont nous fêtons le vingtième anniversaire ? Où en seraient l’Espagne, le Portugal, la Grèce, l’Irlande et tant de nos vieilles régions industrielles en reconversion si elles n’avaient pas massivement bénéficié des fonds structurels européens ? Où en serions-nous aujourd’hui si nous n’avions pas créé l’euro en 2000 ? Si 27 monnaies nationales s’affrontaient en permanence à coup de “dévaluations compétitives”?
Une période de doute
Mais ne nous le cachons pas, les Français traversent, et depuis longtemps, une période de doute vis-à-vis de l’Europe. Les avancées significatives, celles réalisées sur le terrain de la citoyenneté européenne, sur les échanges culturels, ne peuvent plus masquer les renoncements opérés sous la présidence Barroso, qui a vu les institutions européennes être gagnées par les idées du libéralisme économique. Même les plus europhiles d’entre eux peinent à retrouver, dans le cheminement actuel de la commission ou dans les pratiques des gouvernements de droite, les promesses de la fondation européenne, ses valeurs. Ce désenchantement, et parfois cette défiance, se mesurent dans l’abstention, les sondages, les résultats aux récents référendums. On ne peut combattre cet état d’esprit que par une réorientation de la construction européenne, ce que les socialistes appellent de leurs vœux depuis maintenant une décennie.
La crise d’un système
Nous faisons aujourd’hui face à un tournant. L’effondrement actuel de l’idéologie et des politiques néolibérales, le changement complet de contexte historique, nous permettent de renouer avec l’ambition des fondateurs : celle d’une Europe politique, porteuse non seulement d’un modèle social, mais aussi d’un idéal de civilisation.
La crise d’une exceptionnelle gravité qui nous frappe n’est pas une catastrophe naturelle. C’est la crise d’un système économique et social -le capitalisme financier néolibéral- qui s’est imposé peu à peu, après la victoire de Margaret Thatcher et de Ronald Reagan, au début des années 1980. Trente ans de déréglementation, dérégulation, libéralisation, privatisation des services publics ont abouti à l’avènement d’une économie de l’endettement et de la spéculation, de plus en plus inégalitaire et vulnérable. C’est ce capitalisme mondialisé et dominé par la finance qui débouche aujourd’hui sur la crise économique la plus grave que le monde ait connue depuis 1929.
Les partisans du libre-échange sans régles, du laisser-faire et de la toute puissance de la finance ont vu s’effondrer sous leurs yeux un système de compression des salaires et de spéculation mettant en danger non seulement les économies nationales de nombreux pays, mais également des millions de vies, car la crise financière a débouché sur la crise économique, elle-même prélude à de graves crises sociales et politiques.
L’année 2009 ouvre une nouvelle phase des relations internationales et peut-être de l’Histoire. Elle est, au-delà de la crise du système économique libéral, caractérisée par la défaite des néoconservateurs américains et l’avènement d’une nouvelle administration aux États-Unis, plus éthique, plus multilatéraliste, plus coopérative avec l’Europe et plus interventionniste dans l’économie.
Le XXIème siècle doit être celui d’un monde multipolaire, plus juste, plus respectueux de notre environnement et des droits sociaux. Et c’est d’abord à l’échelle européenne que nous pouvons y œuvrer.
Pour une nouvelle Europe sociale, verte et prospère
L’Union européenne doit agir pour endiguer la crise, retrouver le chemin d’une croissance forte, durable et riche en emplois. C’est l’urgence. Mais elle doit aussi agir pour réformer en profondeur l’économie mondiale afin que pareil désastre ne se reproduise plus.
L’Europe doit défendre et approfondir sa démocratie - État de droit et démocratie politique bien sûr - , mais aussi démocratie économique et sociale qui est son bien le plus précieux et sa principale force motrice. Elle doit se rapprocher des citoyens.
Elle doit renforcer le dialogue et la coopération entre les peuples, pour s’opposer à la loi du plus fort et au “choc des civilisations”.
L’Europe sociale et fiscale ne saurait être un supplément d’âme. Elle est la condition sine qua non de la poursuite du projet européen par le refus clair du dumping.
Mais pour réorienter l’Europe, il faut d’abord envoyer au Parlement de Strasbourg une majorité de députés de gauche.
II Le bilan accablant de la droite
Car ce n’est pas des rangs la droite européenne qui a largement dominé pendant la dernière législature la Commission, le Conseil et le Parlement – 60% des bancs du Parlement sont occupés par des députés conservateurs libéraux et populistes que naîtra cette nouvelle Europe. Son bilan est accablant !
La droite n’a pas vu venir la crise
Aveuglée par son idéologie libérale, dévouée avant tout à la défense des intérêts de ses clientèles, la droite n’a pas vu venir la crise. Elle la croit encore conjoncturelle. Elle a tourné en dérision les mises en garde répétées des socialistes et rejeté leurs propositions. Elle a affaibli l’économie européenne en soutenant un Euro surévalué; en refusant de promouvoir une politique industrielle de champions européens; en baissant la garde face au dumping fiscal, social, monétaire, environnemental. Il faut se méfier des pyromanes d’hier, qui voudraient endosser aujourd’hui le costume de pompiers.
Des pompiers pyromanes
Dénonçons cette imposture par des faits. Au Parlement européen, les députés de l’UMP ont soutenu la directive Bolkestein, ont voté la “clause dérogatoire” sur la durée du travail qui permet d’étendre la semaine de travail jusqu’à 65 heures! Ils ont voté les directives déréglementant les services publics, et en dernier lieu, celui de la Poste. Ils ont approuvé les perspectives financières 2007-2013, qui nous valent en 2008 un budget européen réduit à moins de 1% de la richesse produite en Europe (le budget fédéral américain étant à 15% de celle produite aux États-Unis). Ils ont voté la “Directive de la Honte”, permettant de maintenir les immigrés pendant 18 mois dans les centres de rétention, et ont même osé s’opposer, aux côtés du FN, à l’amendement socialiste obligeant les Etats membres à prendre avant tout en compte, dans chaque décision, l’intérêt supérieur des mineurs.
Quand il a fallu défendre les services publics dans la directive « services », Les députés du Modem, membres du groupe libéral, alliés au PPE, s’y sont opposés. Ils ont voté contre la “taxe éthique” pénalisant les marchandises produites par le travail forcé des enfants et des détenus.
Certes, oubliant brusquement ses odes au libéralisme économique et au prétendu « marché providence », la droite s’est portée au secours des banques et de certaines industries, avec l’argent des contribuables. Mais ses plans de relance sont insuffisants : 200 milliards d’euros dont 170 proviennent des plans nationaux des 27 États membres. Alors que l’administration Obama injecte près de 800 milliards de dollars dans l’économie américaine. Ils sont aussi injustes : il y manque le volet social sans lequel ils se trouvent déséquilibrés et dénués d’efficacité.
Donner à l’Europe le droit à l’alternance
Voilà le bilan de la droite. Et il faudrait que les mêmes restent aux commandes ? Que l’Europe continue avec le Président Barroso ? Un homme de droite dont le libéralisme économique, le conservatisme et l’atlantisme ne sont plus à prouver. Ne fut-il pas l’artisan de la Conférence des Açores, regroupant les Européens favorables à l’intervention de Bush en Irak ? Eh bien non ! Une nouvelle époque commence avec de nouvelles exigences.
Il faut donner un autre souffle à notre Union. Le nouveau cours mondial et la crise économique rendent caduc le compromis historique avec la droite dans la construction européenne. L’Europe a l’opportunité d’atteindre une nouvelle maturité démocratique. Elle le doit. Le suffrage universel, obtenu depuis 1979, ne suffit pas si les données du débat ne sont pas clairement établies. C’est aussi de cette façon que l’on rapprochera l’Europe des citoyens.
III Le Manifeste des socialistes en faveur d’un autre modèle de développement
S’il n’y a rien à attendre de la droite, l’espoir, à gauche, est là. Alors que les partis de droite européens sont incapables de s’entendre sur une réponse cohérente à la crise, l’ensemble des partis du PSE se sont dotés d’un ambitieux programme pour bâtir une autre Europe : le Manifeste “Les citoyens d’abord, un nouveau sens pour l’Europe” adopté par le PSE le 1er décembre 2008 à Madrid.
Les socialistes et sociaux démocrates européens s’y engagent ensemble de manière forte à relancer et à réorienter l’Union européenne dans le sens d’une Europe volontaire, sociale, écologique, démocratique et mieux intégrée. Une Nouvelle Europe qui protège ses citoyens, prépare l’avenir, travaille à une meilleure organisation et à une meilleure gouvernance du monde.
Pour un ambitieux plan de relance européen
Pour sortir de la crise, les socialistes proposent un vrai plan de relance de l’activité, à l’échelle continentale, en agissant à la fois sur l’investissement mais aussi la consommation. La demande intérieure constitue le principal moteur de la croissance en Europe. Il ne s’agit pas seulement de mieux coordonner les plans nationaux, de veiller à ce qu’ils soient plus “coopératifs”, mais de les intégrer dans une action d’ensemble pour faire jouer le levier européen.
Avec tous les socialistes de notre continent, nous proposons de mettre en œuvre les grands travaux d’équipement collectif et d’infrastructures transeuropéens -fret ferroviaire, TGV, transport fluvial et maritime, réseaux Internet à haut débit-, financés par des emprunts publics levés par la Banque Européenne d’Investissement.
Cette stratégie de relance est aussi l’occasion de développer “l’économie verte”, en investissant massivement dans les nouvelles sources d’énergie et dans les économies d’énergie -l’isolation thermique des logements et la mise aux normes de haute qualité environnementale, notamment, afin de soutenir les PME du bâtiment.
Il faudra aussi augmenter substantiellement notre effort de recherche, d’innovation, d’éducation initiale et tout au long de la vie, afin de valoriser pleinement le travail et la rémunération des Européens pour renforcer notre appareil productif dans les industries de pointe et les services à haute valeur ajoutée, valoriser pleinement la « matière grise ».
Et, encore, promouvoir des politiques industrielles, commerciales, monétaires communes afin de défendre et de renforcer le poids de l’économie européenne dans le monde. L’Union européenne doit revisiter la stratégie de Lisbonne et considérer désormais que la protection et le développement de ses industries traditionnelles doivent figurer parmi ses priorités au même titre que l’investissement dans l’économie verte, les industries de pointe et les services à haute valeur ajoutée. Nous voulons conserver et développer une base industrielle complète, condition essentielle à la lutte contre les délocalisations et au retour dans les meilleurs délais au plein emploi en Europe.
Il s’agit de gagner la bataille pour un nouveau modèle de développement, une nouvelle donne sociale, écologique et continentale.
Cette relance par l’investissement, dans chaque État membre et au niveau de l’Union européenne, permettra de créer 10 millions d’emplois supplémentaires à l’horizon de 2020, dont 2 millions dans le seul secteur des énergies renouvelables.
Pour un Pacte Européen du progrès social
Le débat n’est pas tant de savoir si nous serions des partisans ou des adversaires du protectionnisme mais bien de déterminer quels intérêts nous souhaitons protéger. A l’opposé de la droite et des libéraux qui favorisent la finance et la rente, nous souhaitons favoriser la production, l’investissement et un nouveau partage des richesses plus favorable au travail.
Avec tous les socialistes européens, nous proposons un “Pacte européen du Progrès social” afin d’assurer à tous -retraités, demandeurs d’emplois, salariés peu qualifiés- un revenu décent et une protection sociale. Des salaires minimaux dans tous les États membres, qui pour nous devraient atteindre 60% du salaire médian de chacun des pays, étape vers un salaire minimum européen ; une directive garantissant l’intégrité des services publics ; l’augmentation de l’effort d’Education ; l’amélioration de la législation européenne garantissant les droits des salariés (conventions collectives, durée du travail, détachement des travailleurs, statut des jeunes stagiaires,…).
Toutes ces mesures devront s’accompagner d’un ensemble de réformes structurelles. Avec tous les socialistes de notre continent, nous proposons de réformer en profondeur le système financier international pour mettre les marchés financiers au service de l’économie réelle, de l’emploi et de la croissance. De mettre fin aux paradis fiscaux ainsi qu’à l’évasion fiscale; de faire de l’Europe le leader mondial de la lutte contre le changement climatique et pour la défense de l’environnement. De garantir aussi la qualité et la sécurité alimentaire, par une nouvelle PAC, ainsi que par la politique commune de la pêche; d’assurer l’égalité hommes-femmes, dans la rémunération et la progression professionnelle; de maîtriser dans le respect de nos valeurs le flux migratoire et l’accueil des immigrés; de promouvoir enfin la coopération - et non le choc des civilisations. Pour cela, nous nous engageons à réformer et démocratiser les institutions internationales multilatérales, en partenariat avec la nouvelle administration démocrate américaine.
Les socialistes français compléteront et préciseront cette Plateforme commune par des propositions qui leur tiennent à cœur et qui sont partagées par de nombreux partis du PSE en Europe :
- L’augmentation du budget de l’Union, avec des ressources propres, pour donner leur pleine efficacité aux politiques de solidarité et de préparation de l’avenir.
- La reconnaissance pour l’UE du droit de lever des emprunts pour financer ses investissements lourds à long terme.
- L’harmonisation des fiscalités, à commencer par celles des entreprises pour lutter contre le dumping fiscal et le dumping social, condition nécessaire à l’arrêt des délocalisations abusives à l’intérieur de l’Union Européenne.
- la définition d’une politique de juste échange, par une politique commerciale européenne ajustée pour permettre à la fois à nos industries les plus exposées de préserver leurs emplois en se modernisant, aux pays les moins avancés de continuer à se développer, et aux normes internationales du travail et de l’environnement de s’appliquer dans les processus de production.
- La coordination des politiques économiques rendue encore plus nécessaire par la faiblesse du dollar, du yuan et du yen et la refonte encore insuffisante du pacte de stabilité.
- Une Europe forte avec une vraie défense européenne et non cette subordination au commandement intégré de l’OTAN que Nicolas Sarkozy impose à la France.
Sur toutes ces questions, les socialistes français continueront leur combat avec énergie, mais lucides, ils porteront une attention toute particulière à de nouvelles stratégies de mise en œuvre, encore sous-utilisées dans l’Union.
Ainsi, si les négociations en faveur de mesures que nous défendons, achoppaient sur le veto de quelques Etats, nous soutiendrions l’engagement de “coopérations renforcées”. Ces “noyaux durs” offrent un cadre à des Etats pionniers soucieux d’aller plus loin et plus vite dans la construction européenne; quitte à être rejoints par la suite par d’autres, comme ce fut le cas pour l’euro.
C’est possible en matière de recherche, d’énergie, de transports propres, de télécommunications, de bio et de nanotechnologies, mais aussi de Défense. C’est enfin et surtout possible en matière d’harmonisation fiscale ou sociale.
Sur ce dernier point, nous pensons également que nous gagnerions à renforcer l’institutionnalisation d’un véritable dialogue social européen, en tant que mode alternatif de prise de décision à même de redonner de l’élan à l’Europe sociale.
Le projet d’une Europe politique doit toujours être celui des socialistes. La réalité de la capacité économique et sociale de l’Union Européenne se mesure à sa réalité politique. Les normes libérales imposées à l’Europe sur le Pacte de Stabilité ou sur les restrictions des aides d’Etat n’ont pas tenu face à la profondeur de la crise ! Les querelles institutionnelles ne sont plus de saison car l’ordre du jour de la nouvelle mandature est économique et social. Le traité de Lisbonne est une donnée, mais ne saurait borner l’ambition des socialistes pour l’Europe. L’effondrement du libéralisme financier a réduit la controverse entre socialistes européens sur les rôles respectifs du marché et de la puissance publique dans l’économie.
Les convergences nouvelles codifiées par le Manifeste pour une Europe forte et sociale constituent un tournant. Il y a aujourd’hui la possibilité de donner sa place à la politique au cœur de l’Europe et d’assumer jusqu’au bout le clivage avec la droite en faisant échec à une candidature Barroso, et, nous le souhaitons, en ayant un candidat commun issu du PSE pour la Présidence de la Commission capable d’entraîner toute la gauche et d’incarner le nouveau cours qu’il faut à l’Europe.
IV Avec le vote socialiste, les européens peuvent changer l’Europe
Pour regagner la confiance des peuples et redonner force au projet européen, nous voulons édifier une Europe nouvelle, la première démocratie économique et sociale du monde, creuset d’une nouvelle communauté politique et levier d’une autre mondialisation. Une Europe forte, une Europe des résultats, qui met en œuvre des politiques communes ambitieuses. Il faut aussi convaincre que le repli national comme le libre-échange sans règles, sont tous deux des impasses et non des solutions à nos maux. La protection et la promotion de nos concitoyens doivent aller de pair.
Aux élections de juin, les peuples d’Europe voudront sanctionner les majorités sortantes de droite, considérées à juste titre comme responsables de la crise.
Nous les appelons à le faire, non pas en votant pour ceux qui veulent seulement protester, témoigner. Mais pour les opposants déterminés, les socialistes européens, ceux qui se seront montrés capables de leur proposer une réponse crédible, portée par une majorité politique nouvelle, pour sortir de la crise. De les mobiliser aussi pour une réforme radicale de notre société.
Avec ses 220 députés, actifs dans chacun des 27 États de l’Union, armé de son Manifeste authentiquement progressiste, le PSE est la grande force d’alternance qui peut changer le cours de notre Union et être ainsi au rendez-vous de l’Histoire.
Changer l’Europe, c’est nécessaire, battre la droite, c’est faisable, donner un nouveau sens à l’Europe avec la gauche européenne, c’est possible.
Mettre l’Europe en tête de la lutte contre le changement climatique
C’est maintenant, en pensant à nos enfants et à nos petits-enfants, que nous devons affronter le changement climatique. Une action immédiate permettra à l’Europe de devenir leader mondial dans les nouvelles technologies « vertes » et efficaces et lui évitera d’être appauvrie à l’avenir par les mesures imposées par le réchauffement. Ne rien faire, c’est mettre en danger la vie elle-même sur la planète. L ’Europe doit donc rompre sa dépendance vis-à-vis du pétrole et du charbon, et prendre la tête du mouvement pour un nouvel accord mondial sur le climat pour la période d’après 2012, remplaçant et dépassant le Protocole de Kyoto.
Faire aboutir les négociations internationales pour un accord mondial sur le climat :
29.
L’Union européenne doit prendre la tête des négociations internationales afin d’aboutir lors du sommet des Nations Unies fin 2009 à un accord sur un objectif mondial de réduction, de 30% à l’horizon 2020, des émissions de gaz à effet de serre. Notre volonté commune est de faire participer à cet objectif toutes les économies développées et émergentes : cela inclut donc les Etats-Unis, la Chine et l’Inde. Nous voulons introduire une approche mondiale et solidaire, dans laquelle les pays les plus développés feront l’effort le plus important.
30. Nous proposons d’augmenter le soutien de l’Europe aux pays en développement pour qu’ils puissent lutter contre le changement climatique et s’y adapter. L’Union doit accepter des transferts massifs de technologie permettant à ces pays de lutter contre la pauvreté et de développer leurs économies sans pour autant aggraver le réchauffement de la planète. En outre nous devons veiller à ce que les exigences que se fixe l’Europe ne provoquent pas une hausse des émissions des gaz à effet de serre dans d’autres pays, et donc dissuader les transferts d’industries intensives en énergie vers des régions du monde appliquant des normes moins strictes.
31. En s’appuyant sur les initiatives prises par les gouvernements sociaux-démocrates européens, l’Union doit agir pour la constitution d’un forum mondial de l’énergie et du développement, réunissant l’ensemble des nations du monde afi n de définir un projet global et à long terme pour les politiques énergétiques et pour le développement durable de la planète.
Entraîner par l’exemple – une politique du climat et de l’énergie plus ambitieuse pour l’Union européenne :
32. Nous proposons d’introduire une directive européenne sur le climat qui définisse les objectifs et les plans d’action pour tous les secteurs encore non couverts par les textes existants (l’énergie, l’agriculture, l’alimentation, la construction et le transport) et qui mette en cohérence toutes ces actions pour que l’Union atteigne ses objectifs globaux en matière d’émissions. Toutes les autres législations ayant une incidence sur le climat doivent être adaptées pour réaliser l’objectif de 30% de réduction des émissions.
33. Nous proposons d’élaborer une politique énergétique européenne commune fondée sur le développement durable, sur la sécurité et l’indépendance énergétique, sur la diversifi cation des sources d’énergie et sur la solidarité entre Etats européens en cas de crise de l’énergie. L’Europe doit, par exemple, augmenter son potentiel d’énergies renouvelables en impulsant la réalisation d’un réseau de transport à haute tension pour distribuer l’électricité produite par des éoliennes en mer depuis le Nord et l’Ouest de l’Europe et l’électricité solaire venant du Sud de l’Europe et d’Afrique du Nord.
34. Nous soutiendrons une politique agricole commune moderne qui aide au développement cohérent du monde rural et qui valorise le rôle fondamental des agriculteurs, tout en consacrant le rôle de l’agriculture dans la protection de l’environnement, dans la garantie de la qualité alimentaire et de la sécurité d’approvisionnement, dans la préservation du paysage ainsi que dans le bien-être animal et végétal. Les biocombustibles peuvent contribuer à réduire les émissions des transports mais ne doivent pas compromettre la production alimentaire européenne et mondiale, l’intégrité de l’environnement, ni la biodiversité. La directive européenne sur les biocarburants doit être révisée pour faire prévaloir ce principe.
35. Il revient à chaque Etat membre de se prononcer sur le recours à l’énergie nucléaire. Toutefois, vu l’importance de la sécurité nucléaire pour tous les pays européens, le contrôle des centrales nucléaires existantes et nouvelles doit être coordonné au niveau européen.
Notre plan européen de réformes progressistes est essentiel pour mener la lutte contre le changement climatique.
Spécial européennes : Pour les socialistes, les enjeux locaux et européens sont mêlés. - 13/05/2009
Dans notre action quotidienne, nous voyons chaque jour combien l’exercice de notre mandat local dépend pour partie de l’orientation politique de l’Union Européenne. Soutien à l’emploi, aides aux infrastructures, transports, maintien des services publics ou encore accès à la santé et à l’éducation…Sur ces quelques compétences, il y aurait facilement de quoi se résigner en constatant que des dispositions d’inspiration libérale, votées au Parlement Européen et issues de directives de la Commission, peuvent anéantir ou amoindrir les visées progressistes portées par les collectivités de Gauche.
La droite s’accommode bien de cette fatalité, car cela lui fournit des arguments pour encourager les politiques nationales les plus régressives sur le plan social, sans pour autant en revendiquer l’origine : la transposition de directives en droit français lui offrant alors un « arsenal juridico-politique » étoffé. L’Union Européenne pourrait nous garantir de l’excès du libéralisme débridé, ou tout au contraire nous cantonner à un rôle de pompier essayant en vain de limiter les conséquences, pour nos territoires, de la dérégulation mondiale et de l’affaiblissement des interventions de l’Etat. Le rôle des parlementaires européens, dans les choix qu’ils porteront, est donc essentiel.
Rappelons que nos députés sortants, même minoritaires, ont obtenu des avancées sur la directive « services » ou la réforme des aides d’Etat. Il est urgent de se mobiliser : du local au niveau européen, nous pourrons avancer dans la même direction, aux services des idéaux de progrès, si une majorité de gauche se dégage le 7 juin au Parlement européen. A l’inverse, une nouvelle caution apportée à une alliance entre les libéraux et une Commission du même tonneau dégagera de nouveaux moyens pour les politiques les plus nuisibles aux populations déjà fragilisées par la crise.
Si l’action locale est témoin chaque jour de l’inventivité des socialistes, le combat européen et internationaliste demeure l’objectif commun et la lutte majeure car nous sommes tous animés du même désir, celui de bâtir un avenir meilleur pour nos concitoyens, ici et ailleurs. Alors votez, et faites voter.
Spécial européennes : un bouclier social pour l'Europe... - 23/05/2009
En temps de récession, il est nécessaire de placer les « citoyens d'abord ».
Nous, socialistes, croyons en une Europe sociale, juste et luttant contre les inégalités existantes et les nouveaux défis auxquels doivent faire face la démocratie et les droits des travailleurs.
Outre le développement de l'accès et du retour des travailleurs à l'emploi, il est indispensable de définir un pacte européen du Progrès social. Nous voulons créer des cadres sur les salaires minimums dans chaque pays d'Europe, la qualification et les services publics.
Notre objectif est de parvenir à l'amélioration de la vie des Européens par la garantie de droits sociaux et d'une protection sociale adaptées.
1. Nous proposons un Pacte européen pour le développement de l'emploi. Tous les programmes européens doivent être revus pour évaluer leur efficacité à préserver et renforcer les possibilités d'emploi et l'accès des travailleurs à l'emploi. Les projets d'investissement financés par l'Union doivent être mis en route sans retard. Les ressources du Fonds social européen doivent être mobilisées pour le retour des travailleurs à l'emploi et pour le renforcement des qualifications.
Dans une économie ouverte comme celle de l'Europe, l'investissement dans l'éducation est fondamental pour la croissance et la création d'emplois plus qualifiés et mieux rémunérés. Nous proposons de financer dans le budget européen un Programme de Compétences destiné à préparer les salariés, dans toute l'Europe, aux emplois de demain comme ceux liés aux technologies « vertes » et aux énergies renouvelables.
Nous aurons aussi à ouvrir largement et équitablement la formation tout au long de la vie, avec une priorité à la formation de la "deuxième chance" pour ceux et celles qui n'ont pas pu achever une scolarité complète. Ce soutien peut être apporté
par des politiques européennes, nationales et régionales. En partant du succès du programme ERASMUS nous proposons d'augmenter dans le budget européen les crédits destinés aux échanges des Européens, pour élargir cette mobilité aux apprentis et aux adultes en formation permanente, et pour offrir au plus grand nombre la possibilité d'étudier à l'étranger. La mobilité doit être la règle, non l'exception : tout jeune Européen doit y avoir accès.
2. Nous soutiendrons la création d'emploi en assurant l'accès des entreprises au crédit dont elles ont besoin pour investir et se développer, par exemple auprès de la Banque Européenne
d'Investissement. Nous entendons appuyer le développement en Europe de l'économie sociale, qui emploie actuellement plus de 5 millions de personnes notamment dans les coopératives, en
introduisant un statut européen d'entreprise à but non lucratif adapté aux associations, mutuelles et fondations. Notre plan européen de réformes progressistes est essentiel pour aider
tous les Européens à tirer avantage de la mondialisation et à améliorer leurs conditions de vie.
3. Nous entendons négocier un Pacte européen du Progrès Social établissant des objectifs et des normes pour les politiques nationales de solidarité, de santé et d'éducation afin de lutter contre la pauvreté et les inégalités et de soutenir le développement économique et social de l'Union. Nous réclamons la création dans tous les Etats membres, pour les retraités, les chômeurs et les invalides du travail, d'allocations sociales adaptées à leurs besoins et leur permettant de vivre dans la dignité.
4. Nous proposons, dans chaque législation européenne, d'insérer une clause de progrès social et de mener une analyse préalable de l'impact social et environnemental avant toute nouvelle mesure. Les politiques de libéralisation déjà adoptées doivent faire l'objet d'une évaluation sociale. Nous proposons que l'UE mène un audit de l'impact social de ses politiques environnementales et énergétiques afin de prévoir les mesures les mieux adaptées pour éviter qu'elles ne pèsent prioritairement sur les plus défavorisés.
5. Nous proposons d'établir un cadre européen pour les services publics, qui garantira aux citoyens le droit d'accès universel et égal à ces services, la qualité, l'autonomie locale et la transparence des services publics, et qui maintiendra leur intégrité telle qu'elle est définie nationalement. Ainsi les règles européennes en matière de concurrence et du droit des entreprises ne s'opposeront pas aux droits des citoyens. La part des critères sociaux et environnementaux dans l'attribution des contrats et marchés publics européens doit être élargie et renforcée dans les règles communautaires.
6. Nous proposons un accord européen sur les salaires, garantissant un salaire égal à travail égal et prévoyant l'établissement d'un salaire minimum décent dans tous les Etats membres, soit par la loi, soit par la négociation collective. Les travailleurs ne doivent pas voir leurs droits sociaux mis en concurrence.
7. Nous agirons dans tous les Etats membres pour soutenir des politiques fiscales justes, garantissant le financement des systèmes de protection sociale des citoyens européens.
8. Nous agirons pour empêcher l'exploitation des travailleurs et pour renforcer leur droit à la négociation collective. De récents arrêts de la Cour Européenne de Justice ont créé l'incertitude sur le respect des droits des travailleurs et des accords collectifs. Avec les partenaires sociaux, nous évaluerons l'impact des arrêts Laval, Viking et autres jugements afin d'assurer que ces droits
ne soient pas remis en cause. De même il est indispensable de réviser la directive sur le détachement interentreprises des travailleurs en Europe. Afin d'encourager la négociation collective au niveau européen, nous voulons créer un cadre européen adapté aux négociations et aux conventions collectives transfrontières. En outre, nous agirons pour la fixation d'une durée maximale de travail décente, cohérente avec les droits à la santé et à la sécurité au travail et avec un équilibre normal entre temps de travail et vie personnelle.
9. Nous entendons renforcer les droits des travailleurs à l'information et à la consultation. La participation des salariés dans l'entreprise, au niveau européen et international, est une question clé pour l'avenir, à la fois comme composante d'une Europe véritablement sociale et comme condition indispensable de l'action internationale pour un travail décent. Nous agirons pour élargir la participation des salariés aux processus de décision au niveau des groupes européens. A cette fin, les droits d'information et de consultation des travailleurs doivent être inscrits dans les directives sur le droit des entreprises à partir du modèle de la Société de droit européen ; et les droits des comités d'entreprise européens doivent être élargis. Nous voulons également promouvoir un dialogue social plus approfondi entre syndicats et organisations patronales au niveau européen et l'étendre à d'autres secteurs.
10. Nous proposons d'établir une Charte européenne des stages, reconnaissant les droits sociaux des jeunes commençant leur expérience professionnelle et assurant qu'ils débutent leur vie au
travail dans des conditions satisfaisantes.
Spécial européennes : 10 millions d'emplois verts et la croissance écologique - 24/05/2009
La lutte contre le réchauffement climatique doit inciter l'Union Européenne à renouveler son économie et ses investissements afin d'anticiper les défis futurs.
Nous, socialistes, croyons en une stratégie européenne orientée vers une croissance écologique. Cette stratégie est innovante et sera créatrice de millions d'emplois. Le développement de l'emploi qualifié, la cohérence sociale, la recherche de l'efficacité énergétique et la redéfinition du rôle de l'agriculture sont autant d'éléments qui permettront une prospérité à long terme.
Notre objectif est de doter l'Union Européenne d'une politique de développement durable fondé sur des stratégies économiques, sociales et environnementales cohérentes entre elles.
1. Doter l'Europe du système de transports le plus efficace, le plus économique et le plus écologique dans l'intérêt des particuliers et des entreprises. Cela implique de développer un réseau ferroviaire à grande vitesse compétitif et d'un coût accessible entre grandes villes et régions européennes, bien connecté aux autres modes de transport ; de créer un espace aérien intégré offrant des routes aériennes plus directes et des temps de vol réduits ; de rendre le transport maritime et fluvial plus propre, plus efficace et plus sûr pour les travailleurs et les passagers.
Il y a aussi la transformation des transports urbains : les maires socialistes d'Europe montrent l'exemple dans le manifeste Mobilité Urbaine qu'ils ont publié en 2008, présentant de nouveaux concepts plus rapides, économiques, non polluants. Nous proposons une initiative européenne d'échange des meilleures expériences et de promotion de la mobilité urbaine durable en Europe. Nous continuerons en outre à renforcer la sécurité de tous les modes de transport.
2. Nous appelons à un programme européen de développement des réseaux de transport d'énergie et de transport de données à large bande, indispensables à l'économie européenne de demain. Les parcs à éoliennes en mer, par exemple, exigent de nouveaux réseaux de transport transfrontières. La vitalité économique des zones rurales, dans toute l'Europe, dépend de l'accès à la communication large bande. Des milliards d'euros d'investissements s'imposent donc dans tout le continent. La Banque Européenne d'Investissement, qui finance déjà les infrastructures énergétiques et de télécommunications, pourrait s'engager sur une plus grande échelle. L'injection de fonds structurels communautaires dans ces domaines d'avenir doit aussi être prévue.
3. L'efficacité énergétique est un des meilleurs moyens pour diminuer les factures des familles et pour créer des emplois, notamment dans les travaux d'isolation du bâtiment. Nous demandons un travail réel en commun entre l'Europe, les Etats et les collectivités locales visant à soulager les budgets familiaux par une moindre consommation d'énergie, par des travaux d'efficacité énergétique des logements, et par un encadrement du marché assurant que les prix des fournisseurs d'énergie soient justifiés et que la protection du consommateur en la matière soit effective.
4. Il est essentiel d'augmenter fortement les investissements de recherche-développement et l'innovation pour une croissance écologique et innovante et donc pour notre prospérité à long terme. Les Etats-Unis dépensent aujourd'hui 50% de plus que le total des Européens dans ces domaines. L'Europe doit rattraper l'écart et devenir le premier investisseur dans la préparation de l'avenir.
5. Nous proposons d'aider les entrepreneurs à anticiper les changements liés au défi climatique et aux ruptures technologiques. C'est le moyen de préserver et de créer des emplois en aidant les travailleurs à acquérir de nouvelles qualifications si leur travail est menacé par ces mêmes changements. Cette mission devrait revenir en particulier au Fonds Européen d'Ajustement à la Mondialisation. Nous voulons également engager la négociation au niveau européen avec les employeurs pour les amener à prendre leur part de responsabilité dans la préparation du changement et la requalification des salariés.
6. Nous proposons d'augmenter le soutien de l'Europe aux pays en développement pour qu'ils puissent lutter contre le changement climatique et s'y adapter. L'Union doit accepter des transferts massifs de technologie permettant à ces pays de lutter contre la pauvreté et de développer leurs économies sans pour autant aggraver le réchauffement de la planète. En outre nous devons veiller à ce que les exigences que se fixe l'Europe ne provoquent pas une hausse des émissions des gaz à effet de serre dans d'autres pays, et donc dissuader les transferts d'industries intensives en énergie vers des régions du monde appliquant des normes moins strictes.
7. Nous proposons d'introduire une directive européenne sur le climat qui définisse les objectifs et les plans d'action pour tous les secteurs encore non couverts par les textes existants (l'énergie, l'agriculture, l'alimentation, la construction et le transport) et qui mette en cohérence toutes ces actions pour que l'Union atteigne ses objectifs globaux en matière d'émissions de gaz polluants. Toutes les autres législations ayant une incidence sur le climat doivent être adaptées pour réaliser l'objectif de 30% de réduction des émissions de gaz polluants.
8. Nous proposons d'élaborer une politique énergétique européenne commune fondée sur le développement durable, sur la sécurité et l'indépendance énergétique, sur la diversification des sources d'énergie et sur la solidarité entre Etats européens en cas de crise de l'énergie. L'Europe doit, par exemple, augmenter son potentiel d'énergies renouvelables en impulsant la réalisation d'un réseau de transport à haute tension pour distribuer l'électricité produite par des éoliennes en mer depuis le Nord et l'Ouest de l'Europe et l'électricité solaire venant du Sud de l'Europe et d'Afrique du Nord.
9. Nous soutiendrons une politique agricole commune moderne qui aide au développement cohérent du monde rural et qui valorise le rôle fondamental des agriculteurs, tout en consacrant le rôle de l'agriculture dans la protection de l'environnement, dans la garantie de la qualité alimentaire et de la sécurité d'approvisionnement, dans la préservation du paysage ainsi que dans le bien-être animal et végétal. Les biocombustibles peuvent contribuer à réduire les émissions des transports mais ne doivent pas compromettre la production alimentaire européenne et mondiale, l'intégrité de l'environnement, ni la biodiversité. La directive européenne sur les biocarburants doit être révisée pour faire prévaloir ce principe.
Spécial européennes : Un Plan de Relance à la hauteur. - 25/05/2009
Face à la crise des marchés économiques, l'Union Européenne a su protéger
l'épargne, les retraites et les logements des citoyens.
Les failles du système de marché ont pourtant été révélées et il est
désormais urgent de les affronter afin de réformer l'architecture financière
mondiale.
Nous, socialistes, croyons que la solution est de mettre les marchés
financiers au service de l'économie réelle, de l'emploi et de la croissance
en définissant de nouvelles règles. Par ailleurs, il faut augmenter les
fonds propres et les capacités de crédit des outils financiers de l'Union
Européenne et en faciliter l'accès.
En faisant travailler ensemble tous les acteurs financiers, la plus grande
économie du monde évitera une nouvelle crise et saura dégager de la
croissance et des emplois.
Le PSE propose un plan pour les 1er 100 jours de la prochaine mandature
Le manifeste du PSE comprend de nombreuses propositions relatives à la relance.
Les propositions du Manifeste sur la relance :
1. Nous proposons de réformer les marchés financiers, en prenant appui sur les réflexions déjà développées dans l'Union européenne et au niveau mondial. Le nouveau système de règles doit couvrir tous les acteurs financiers. Il doit être fondé sur la transparence et l'information publique de tous les intervenants. Il doit comporter des obligations précises sur les fonds propres requis de tous les acteurs financiers, et des limites strictes aux niveaux d'emprunts évitant la création de situations d'endettement incontrôlable. Des limitations sont également nécessaires sur les rémunérations et primes des dirigeants d'entreprise, qui doivent refléter les pertescomme les bénéfices. Des contrôles seront à instaurer pour empêcher les conflits d'intérêt. Il faut assurer aux salariés le plein exercice de leur droit à l'information et à la consultation lors de tout rachat d'entreprise, et aux salariés inclus dans des fonds de pension le droit de contrôler comment leur argent est investi.
Le système européen de supervision des marchés financiers doit être considérablement renforcé : les institutions financières doivent faire apparaître sur leurs bilans tous les risques qu'elles
ont souscrits. La vente à découvert n'a fait qu'aggraver la crise et elle doit être éliminée par les instances de régulation. Les fonds spéculatifs et les fonds privés d'investissement doivent faire
l'objet d'un contrôle et d'une régulation plus efficaces, dont les principes-clé seront l'obligation de transparence sur leurs actifs et leurs règles de contrôle, des dispositions impératives d'information des investisseurs sur les risques, une limitation au financement par l'endettement et des restrictions sur leurs acquisitions.
2. Nous proposons de mettre fin aux paradis fiscaux, à l'évasion et à la fraude fiscales, et de renforcer la lutte contre le blanchiment d'argent en Europe et dans le monde, de sorte que tous les acteurs du marché paient une part équitable d'impôts aux Etats où ils opèrent.
3. Nous proposons de travailler, avec tous nos partenaires internationaux, à une réforme de l'architecture financière mondiale et de prévenir l'arrivée de nouvelles crises financières en donnant aux institutions financières internationales l'ouverture démocratique nécessaire.
4. Si nous voulons stimuler l'activité et les échanges en Europe, et créer davantage d'emplois avec des droits sociaux et des normes environnementales de haut niveau, il faut parachever le marché intérieur européen - et réduire les formalités imposées aux entreprises. Il faut donner aux PME, fondement de notre économie et principal employeur des salariés européens, un cadre juridique simplifié grâce à un statut d'entreprise européenne, et un accès facilité à l'ensemble du marché communautaire, au financement et aux aides à de l'innovation. Il faut augmenter les fonds propres et donc la capacité de crédit des deux outils financiers que sont la Banque Européenne d'Investissement et la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement, et l'accès des PME à ces crédits doit être simplifié.
5. La Banque Centrale Européenne doit soutenir la croissance et l'emploi tout en préservant la stabilité des prix.
Spécial européennes : 3 propositions pour sortir de la crise - 26/05/2009
Les socialistes veulent sortir l’Europe de la crise et la mettre sur les rails d’une croissance durable
1. Un plan de relance à hauteur de 100 milliards d’euros
Dans un souci d’efficacité et de solidarité, cet effort financier devra être réparti de manière équitable entre les niveaux européen, national et local. L’Union européenne devra également se doter de nouveaux instruments financiers. Nous militons pour la création d’un emprunt européen pour lever des financements au service d’une stratégie
d’investissement dans les infrastructures et les chantiers du futur.
Ce plan de relance servira deux objectifs : accompagner les personnes les plus touchées
par la crise - c’est notre revendication d’un bouclier social - et créer les conditions d’une croissance durable d’un point de vue environnemental et social, qui devra déboucher sur la création de 10 millions d’emplois verts.
2. Un bouclier social pour les victimes de la crise
Nous demandons une augmentation du budget du « fonds d’ajustement à la mondialisation » créé en 2006 pour atténuer les chocs économiques induits par des fermetures d’entreprises, un assouplissement de ses conditions d’accès et l’élargissement de son champ d’application. Il faut que ce fonds devienne un réel instrument d’accompagnement pour les salariés touchés par la crise !
En lien avec la Confédération européenne des syndicats, nous voulons bâtir un « Accord sur les salaires en Europe ». Il garantira un revenu égal à travail égal et instaurera un salaire minimum décent dans tous les États membres, soit par la loi, soit par la négociation collective.
Nous exigeons que soit inscrite une « clause de progrès social » dans les traités européens et dans chaque législation européenne. Il s’agit d’un principe simple mais fondamental :
aucune décision prise à l’échelon communautaire ne peut se traduire par une dégradation
du niveau de protection sociale des citoyens de l’Union (droit du travail, droit syndical, assurance-maladie, retraite).
Nous instaurerons un cadre européen garantissant le droit d’accès universel et égal aux
services publics (éducation, santé, énergie, poste, transports). Leur qualité et leur financement seront assurés, ainsi que leur intégrité telle que définie au plan national. De cette façon, le droit de la concurrence et le droit des entreprises ne s’opposeront plus au droit des citoyens.
3. Changer de modèle de croissance pour créer 10 millions d’emplois verts
La crise a révélé l’urgence qu’il y a à refonder notre modèle de croissance. L’Europe doit
amorcer le tournant d’une croissance soutenable fondée sur la justice sociale et la durabilité environnementale.
Comment ? En révolutionnant ses modes de transports par la construction d’un réseau ferroviaire à grande vitesse entre les grandes villes et régions européennes d’un coût accessible, par le développement de transports urbains propres et par la promotion du transport modal (solutions alternatives au transport routier). Nous voulons également devenir les champions de l’efficacité énergétique en engageant un vaste programme de rénovation-isolation des bâtiments et logements anciens et en prenant le chemin de la diversité énergétique. Ceci permettra de répondre au triple objectif de création d’emploi, de réduction de la dépendance énergétique de l’Union et du soulagement des budgets familiaux.
Si ces orientations sont prises, dix millions d’emplois nouveaux seront créés d’ici à 2020, dont deux millions dans les secteurs des énergies renouvelables.
Spécial européennes : Mobilisation générale - 03/06/2009
Chers Amis,
Quelques jours seulement nous séparent du scrutin européen du dimanche 7 juin. Elus socialistes et républicains, il importe de rappeler à nos concitoyens l’enjeu que représente ce scrutin. Tout doit être mis en œuvre pour appeler autour de nous les électeurs à se mobiliser davantage.
Le 7 juin, ensemble, les citoyens des différents pays d’Europe décideront de l’orientation de la prochaine Commission européenne et donc de celle d’un grand nombre de textes touchant à notre vie quotidienne : marché unique, transports, agriculture, commerce international…
C’est donc avec conviction que les élus socialistes et républicains rappellent les raisons que les citoyens ont de porter leurs voix sur les candidats présentés dans le cadre du Parti des Socialistes européens sur la liste conduite par Catherine Trautmann dans la circonscription Est.
Il s’agit, le 7 juin, d’affirmer notre volonté de lancer un véritable plan de relance européen qui place l’industrie au cœur de nos préoccupations, de jeter les bases d’un salaire minimum dans tous les pays de l’UE, de modifier les règles commerciales pour un juste échange.
En votant socialiste le 7 juin, les citoyens enverront un message clair. Il sanctionneront l’inefficacité du gouvernement et donneront d’autres perspectives à l’Europe.
Voici rassemblés quelques arguments synthétiques à diffuser largement. De notre mobilisation à tous dépend un score qui portera ou pas l’avenir d’une autre majorité en Europe et dans notre pays.
Amitiés républicaines et socialistes
Philippe BAUMEL
Spécial européennes : message aux militants, aux sympathisants. - 04/06/2009
La campagne des européennes prend fin samedi soir (vendredi soir pour les sites internet).
Dans un contexte marqué par une faible mobilisation de l'électorat, par de vrais doutes chez certains électeurs de gauche sur le bulletin à mettre dans l'urne dimanche, nos trois derniers jours de campagne sont déterminants quant au résultat de notre liste. Il existe de ce fait une vraie marge de progression que nous devons exploiter.
Nous avons au moins trois raisons de tout mettre en oeuvre pour porter au plus haut notre liste :
- nous sommes la première force politique du département, nous devons l'affirmer dans les urnes et défendre les positions politiques chèrement acquises ces dernières années ;
- nous avons dans cette campagne défendu le meilleur projet, solide, cohérent, offrant un vrai débouché politique a notre impatience d'une europe plus sociale ;
- nous devons chacun et chacune, soutenir à notre niveau la remarquable campagne de Mustapha SADNI, candidat départemental de la liste de Catherine Trautmann qui a sillonné le département et la région pour défendre notre projet.
Il nous reste trois jours pour tracter, afficher (UMP et Front de Gauche s'activent), convaincre dans les rues et sur les marchés.
Je compte sur ta présence et ta mobilisation pour faire la différence avant dimanche.
Il est possible de réduire l'écart a presque rien, voire de passer devant l'UMP. Faisons mentir les sondages !
Bonne fin de campagne,
Jérôme Durain
Premier Secrétaire Fédéral
Déclaration de Martine AUBRY lors de la soirée des élections européennes 2009 - 09/06/2009
Les Français se sont exprimés et quand ils s’expriment il faut les entendre. Je veux tenir ici, ce soir, le discours de la lucidité et de la vérité.
- Ces élections ont lieu dans une période de crise profonde en France comme en Europe. Le premier message de ce scrutin, c’est que malheureusement l’Europe n’est pas apparue comme une solution. Les électeurs se sont massivement abstenus.
Chacun doit en assumer sa part de responsabilité :
- responsabilité collective des partis politiques qui n’ont pas su montrer la force du message européen, de l’idéal qu’il représente ;
- responsabilité de ceux qui portent le libéralisme en Europe, avec les conséquences que l’on mesure aujourd’hui : dérégulation, financiarisation qui installe la loi du plus fort et le développement des injustices, associés à une grande inefficacité économique. L’Europe éloigne les peuples quand elle s’éloigne des peuples.
Deuxième leçon de ce scrutin : si la liste UMP arrive en tête, c’est que Nicolas Sarkozy n’a pas dit ses intentions et le vrai projet libéral européen qu’il porte avec ses alliés. Il a de fait utilisé dans la campagne le thème de la sécurité, sur lequel il a pourtant échoué en France. C’est au prix d’un renforcement de la droite extrême et de l’extrême droite.
Mais 70% des électeurs se sont portés sur des listes qui dénoncent sa politique injuste et inefficace. Face à ce résultat, et face à l’abstention des catégories populaires et des classes moyennes touchées par la crise, je demande ce soir au Président de la République de prendre enfin les mesures à la hauteur de la situation et de renoncer à un nouveau tour de vis social.
Lucidité et vérité aussi sur nous-mêmes, socialistes et forces de gauche. La droite de M. Sarkozy n’est plus crédible, mais nous ne le sommes pas encore. De nombreux électeurs de gauche ont porté leurs voix sur les listes Europe-Ecologie. Ce vote est un appel vers un projet qui tourne le dos à la société dans laquelle nous sommes. La question environnementale en est un élément majeur, qui pour nous est inséparable de la question sociale.
Je prends toute la mesure de la responsabilité du Parti Socialiste dans le score qui est le sien ce soir.
Je l’ai dit dès ma prise de fonction comme premier secrétaire et je le redis ici.
Notre Parti Socialiste a souffert de ses batailles internes et de ses divisions. Je mets toutes mes forces pour le rassembler. Il faut poursuivre avec détermination.
Le Parti Socialiste a besoin d’une profonde rénovation. Il doit ne plus vivre en circuit fermé et doit s’ouvrir sur la société.
Unité, rénovation des idées et des pratiques, rassemblement de la gauche, ce sont les tâches majeures auxquelles nous allons nous atteler dès demain.
Je veux m’adresser ce soir aux Français qui s’inquiètent des jours qui viennent. Aggravation de la crise, inquiétudes pour l’avenir, crainte d’un tour de vis social. Je les assure que les socialistes seront à leurs côtés, les militants comme les élus qui font un formidable travail quotidien qu’ils reconnaissent.
Je voudrais dire aux Français que je comprends leur message, que je le partage.
Je mettrai toute mon énergie à poursuivre le chemin de ces derniers mois et tout mon engagement et mon enthousiasme pour leur redonner l’espoir. Je leur demande de garder confiance dans le Parti Socialiste et dans la gauche.
Le 7 juin 2009
Déclaration de Martine AUBRY
Communiqué de presse Arnaud Montebourg - élections européennes - 10/06/2009
« C’est une claque méritée. Nos électeurs n’en peuvent plus d’attendre l’évolution et la transformation en profondeur du Parti socialiste, englué dans ses querelles, son immobilisme et son enfermement sur lui-même. Ce n’est pourtant pas une victoire pour l’UMP. Isolée dans sa forteresse à 28 %, sans alliés, sans soutiens autres qu’elle-même. D’ailleurs, le total des voix de gauche est largement supérieur à celui des voix de droite, montrant que si la gauche se transforme et s’unit, elle sera en mesure de proposer une alternative au pays et de faire basculer l’histoire. Je vais désormais m’attacher à construire le nouveau parti de toutes les gauches, rejetant dans le passé obscur les querelles de pouvoir au sein du Parti socialiste et les divisions inutiles d’une gauche qui a une autre vision de la société et du monde à défendre. Les grandes primaires populaires ouvertes à toute la gauche pour désigner le leader à l’élection présidentielle qui affrontera Nicolas Sarkozy est la première étape à faire accepter au Parti socialiste. Ces primaires auxquelles tous les français devront être associés nous aideront à restructurer notre relation avec les français et retrouver le goût de l’écoute d’une France qui a besoin plus que jamais d’une gauche moderne et créative. »
Arnaud MONTEBOURG
Député de Saône-et-Loire
Président du Conseil général de Saône-et-Loire
lundi 8 juin 2009, à 15:31
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