Les traits marquants de notre politique, nos engagements et les moyens que nous mettons en oeuvre pour tenir nos engagements.
Pour une plus grande attractivité du département - 01/03/2006
L’aménagement du territoire constitue un axe prioritaire de l’ ambition politique portée par la majorité départementale. En 24 mois, beaucoup de chantiers ont été engagés en ce sens. Notre département méritait une approche cohérente, lisible et équilibrée de l’intervention publique pour affronter les enjeux de son développement et répondre aux besoins d’ un monde rural en mutation et d’ un monde urbain qui concentre la majorité de la populaton. Sans opposer ces deux secteurs, comme cela avait été annoncé à corps et a cris, le Département s’est doté de nouveaux outils contractuels avec les collectivités partenaires. Entre les Dotations de Solidarité Urbaine signées avec toutes les agglomérations de ce département, entre les aides aux « pays » et entre les nouveaux fonds aux communes rurales et aux intercommunalités, le budget de la collectivité consacre plus de 76 millions d’ euros et 16% de son budget pour ces aides aux collectivités ; des crédits en hausse de plus de 8 %. Nous voulions en finir avec des dispositifs qui distribuaient plus d’argent aux plus riches, et laissaient sur le bord de la route les plus en difficultés. Les aides ont été ainsi pondérées par des critères qui prennent véritablement en compte les potentialités de chacun. Nous voulions aussi définir des partenariats sur le long terme de façon soutenir de façon pérenne l’ensemble des territoires. Ce fut fait avec des procédures contractuelles qui permettent aux élu(e)s locaux d’agir avec plus de sérénité. Les bons chiffres de l’INSEE annonçant une fin de la décrue de la population en Saône et Loire (+ 3000 habitants) sont là pour le prouver : en agissant sur tous les vecteurs du développement, en maintenant une forte participation de l’investissement public pour les services et les infrastructures prioritaires pour le bien vivre de la population, le Département s’ est doté des moyens favorisant son attractivité.
L’ investissement public, une priorité du budget départemental pour 2006 - 19/12/2005
Le budget 2006 du département, voté en décembre dernier par l’assemblée des élu(e)s, a pour ambition d’amplifier l’effort de la collectivité pour répondre aux missions premières qui lui sont conférées par la loi, comme l’éducation, les solidarités ou l’aménagement du territoire.
Premier investisseur public de ce département, le Conseil général réaffirme plus que jamais ses priorités : les établissements sociaux qui accueillent des handicapés ou des personnes âgées, les collèges, le logement social et les routes, ont besoin d’une forte intervention publique pour être en phase avec les besoins de la population. Ces dépenses prioritaires sont aussi le moteur de l’économie départementale, et donc de l’emploi. Redistribuer du pouvoir d’achat aux familles, construire ou rénover des infrastructures de qualité, agir pour améliorer les conditions de vie des habitants, tout cela concourt à un environnement structurant pour la création d’activités.
C’est un travail en profondeur, bien loin de la politique spectacle, des effets d’annonce sans suite et des contrats non respectés. Cet investissement se voit directement : la prise en charge du deuxième jeu de livres pour les sixièmes à la rentrée 2006 ou la gratuité des transports scolaires pour aider à la scolarité des enfants sont des mesures concrètes et vérifiables. Ou indirectement : la création d’activités est en forte progression avec plus de 250 créateurs ou repreneurs d’entreprise soutenus depuis le démarrage de l’aide. Notre conception de l’action départementale s’appuie sur cette idée-force : l’argent public, provenant en partie de l’impôt du contribuable, doit être affecté aux biens collectifs. C’est une volonté de la majorité départementale d’agir directement sur le territoire, de favoriser les équipements d’intérêt général.
A notre manière nous luttons contre l’appauvrissement des services publics, nous relayons un Etat défaillant. En effet, pendant que le gouvernement décide de réductions d’impôt sur le revenu,dont 70% profiteront aux 100 000 contribuables les plus fortunés, nous utilisons les produits de la fiscalité à la création et à l’amélioration des conditions de vie pour tous.
Schéma de l'Enfance et de la Famille. - 06/06/2006
Avec la Convention internationale sur les droits de l'enfant, ratifiée par tous les pays sauf les Etats-Unis et la Somalie, le problème n'est plus de reconnaître des droits aux enfants, le problème est de faire en sorte que ces droits soient appliqués. Alors que s’accentuent la précarité, l’isolement et l’exclusion, l’accompagnement des enfants et de leur famille en situation de vulnérabilité relève d’un enjeu de première importance. Ce combat est indissociable du combat contre la pauvreté car il y a en France un million d'enfants pauvres et ce sont ces enfants-là qui sont le plus privés de droits. Des droits les plus fondamentaux : le droit à être logé convenablement, le droit à la santé, le droit à l'éducation. Les enfants pauvres sont donc ceux pour qui il faut se battre en priorité.
Notre action doit cependant s’inscrire dans un champ plus ou moins déserté par l’Etat, traversé par des tensions multiples, de la fragilisation d’un nombre de plus en plus grand de familles confrontées à cette précarité économique ou cette ségrégation sociale, à la transformation du modèle familial traditionnel, et à une remise en question des modèles d’intégration de l’institution scolaire. Alors que les orientations nationales récentes laissent présager une remise en cause des actions de prévention au profit de mesures répressives, les associations qui oeuvrent pour le soutien scolaire et l'encadrement de la jeunesse souffrent de la diminution des crédits qui leur sont alloués par l’Etat. De même pour les moyens budgétaires du Fonds d'action et de soutien pour l'intégration et la lutte contre les discriminations, le FASILD. De même pour les Caisses d'Allocations Familiales qui ont dû amputer les crédits finançant les contrats « Temps Libre » et « Enfance», chargés de développer une politique d'accueil des enfants hors temps scolaire.
C’est dans ce contexte que le Conseil général, fort de ses compétences dans le domaine social doit définir son action en direction de l’Enfance et de la Famille. Cinq orientations pourraient se dégager. D’abord, permettre aux familles d’accéder réellement à leurs droits : droit à une insertion professionnelle et sociale, droit à une éducation accessible en consolidant la réelle gratuité de l’école et en favorisant l’accès à l’accompagnement scolaire. Lutter aussi contre la spirale du surendettement et assurer la continuité des ressources. Le dispositif des aides aux familles est en effet très développé, mais on observe des effets de seuil qui pénalisent les familles pauvres, aussi bien en matière d’allocations que d’accès à des services. Enfin, il nous faudra soutenir une politique d’accès aux droits et de soutien aux familles, en disposant d’un personnel formé sur ces questions.
Quelque soit la difficulté, l'important est bien de conserver une attitude volontariste, qui ne se résigne pas à l’accompagnement des difficultés mais qui soutient une politique de gauche, basée sur les valeurs de solidarité et de respect des personnes. Réaffirmer le caractère central de l’éducation dans notre combat. Ne plus en rester aux droits théoriques mais se créer une obligation de résultat. Et enfin, soutenir nos personnels et nos partenaires sur le terrain, sans qui rien de tout cela n’est possible.
Discours Session budgétaire du 13 juin 2006 - 13/06/2006
Monsieur le Président, Cher(e)s collègues, Mesdames, messieurs,
Le Président a rappelé combien notre département était affecté par les restructurations industrielles qui touchent les grandes entreprises de Saône et Loire, et son tissu de PME. Au carrefour de toutes les politiques sociales et d’insertion, la collectivité départementale constate les conséquences de cette dégradation du marché de l’emploi : la persistance d’un chômage de masse et surtout l’ augmentation de la précarité.
Or, que ce soit dans cette enceinte ou sur les ondes nationales, on nous dit que la politique gouvernementale prend le bon chemin pour redresser le pays. Permettez moi d’en douter, car depuis maintenant 4 ans que les représentants de l’UMP gèrent ce pays, ils peuvent commencer à rendre des comptes sur leurs orientations politiques. Les résultats nous les connaissons. Petit rappel des objectifs.
Il fallait d’une part détruire « les soi-disant rigidités structurelles de la société française », en augmentant la flexibilité. Le modèle social français accusé d’être le plus archaïque d’Europe, freinait l’initiative individuelle et la création de richesse. Entre parenthèse qu’on m’explique comment un pays aussi en retard peut drainer à lui autant d’investissements étrangers, comment des salariés aussi privilégiés que les nôtres peuvent avoir une productivité aussi élevée ? Je poursuis. Pour mieux répondre à la libéralisation de l’économie marchande et des services, l’Etat devait aussi se débarrasser de ses prérogatives pour faciliter le passage à une vraie économie libérale. Ce fut fait.
4 ans après, où en sommes-nous ? De nombreux outils sont devenus inopérants : la redistribution par l’impôt, le mécanisme du soutien à la croissance, les solidarités entre actifs et non actifs, j’en passe... Les services publics sacrifiés, la puissance publique est moribonde. Elle a lâché sur le Fonds Social Européen, elle a lâché sur les Solidarités, sur tous les sujets, sauf à servir quelques baronnies ici ou là.
Pour quel résultat ? Pour quelle croissance ? Pour quels emplois ? Ce ne sont pas les mascarades de chiffres et les radiations abusives qui pourront nous faire croire que tout va bien. La consommation stagne et le pouvoir d’achat des plus fragilisés diminue. Il n’est que de voir qui nous arrivent en commission unique délocalisée : petites retraites et maigres salaires remplissent pour la première fois de leur vie des dossiers de demande d’aide sociale. Jamais nos services n’ont été plus exposés et plus en butte aux difficultés d’un grand nombre de nos concitoyens.
Et il faudrait que nous conduisions la même politique que vous ? Nous cherchons juste à remettre de la justice et de l’équité là où vous avez encouragé le chacun pour soi. Bien sûr, on nous taxera d’idéologues simplistes et de gestionnaires irresponsables. L’UMP ne se prive pas d’ailleurs d’évoquer cette gauche dépensière, et l’augmentation irraisonnée de la pression fiscale du département, tout en venant sans vergogne courir aux subventions.
Et pourtant, et pourtant,... n’êtes vous pas les rois du grand écart ? Etes vous oui ou non contre les nouvelles aides apportées aux familles en matière de transports et de scolarité ? Etes-vous pour ou contre l’investissement bonifié pour la construction d’établissements sociaux ? Etes vous pour ou contre les nouvelles aides départementales pour les secteurs urbains ? Que dites vous donc aux citoyens de votre canton qui vous interrogent sur nos mesures nouvelles ? Leur dites-vous que vous êtes contre notre politique, ou leur dites-vous que vous votez presque toutes nos propositions à l’unanimité ?
Monsieur le Président, mes chers collègues, encore une fois cette session marque notre volonté, avec les moyens de l’intervention publique, non seulement d’aider et de soutenir les plus fragilisés, mais aussi de créer les conditions d’un développement économique indispensable pour l’avenir de notre territoire. Nous voulons ainsi montrer en quoi la politique, les élus, la République servent à donner du sens à l’action publique et ne se résignent pas à accompagner la loi calamiteuse des marchés.
Discours pour la session du 27 et 28 mars 2006 - 28/03/2006
Madame la Préfète, Monsieur le Président, Cher(e)s collègues, Mesdames, messieurs,
Mon premier devoir, je dis bien un devoir, est de dire un mot de la situation actuelle du pays. Je l’affirme aujourd’hui, les manifestations qui vont avoir lieu partout en France ne sont pas les causes du désordre. Les foules rassemblées crient d’abord leur refus d’un modèle libéral, de destruction progressive du droit du travail et de flexibilité toujours plus forte au profit des actionnaires. Voilà les vraies causes de désordre : la fin du contrat social issu du Conseil National de la Résistance. Ce sont les mesures De Villepin/Sarkozy qui insécurisent et qui précarisent. On a voulu faire passer le mouvement massif des jeunes pour un cortège d’ignorants, pour un ramassis de casseurs ou de cerveaux endoctrinés.
En fait ces jeunes ont tout compris :
Compris que le contrat première embauche est discriminant, qu’il accroît l’insécurité de l’emploi et l’exploitation des jeunes par leurs employeurs.
Compris qu'un employeur aura la possibilité de licencier n’importe qui à n'importe quel moment, par une simple lettre et sans explication. Il n’ y a pas de dialogue et de progrès social qui puisse se fonder sur la peur permanente du chômage et de la précarité.
On ne crée pas de la richesse sous la menace. On ne crée pas de l’enthousiasme sur l’instantané, l’intemporel, l’éphémère.
Même les patrons ne réclament pas cela. Uniquement le MEDEF et les multinationales du moins disant social planétaire.
Les jeunes ont aussi compris que pendant cette période, ils ne pourront pas exercer leurs droits : dire Non, réclamer ou simplement parler franchement, demander une augmentation de salaire,
ou des améliorations de leurs conditions de travail. Compris qu’ils ne peuvent pas être représentés aux élections professionnelles ou aux élections prudhommales.
Compris enfin que le CPE n’est qu’une destruction supplémentaire du droit du travail après le contrat nouvelle embauche, l’assouplissement des devoirs des employeurs, les reculs sur la durée du temps de travail, sur le travail de nuit et l’apprentissage.
Le problème c’est que ce gouvernement ne prend pas la mesure réelle de ce qui se passe depuis 2004, et qu’il fait comme si il avait encore mandat pour conduire sa politique libérale, alors que chaque échéance sanctionne ses choix. Pire que tout, nous arrivons aux extrèmes du système, puisque il faut désormais passer par dessus la représentation nationale, passer par dessus les partenaires sociaux et gouverner par médias interposés. Toute réforme requiert l’ assentiment, sur la méthode, des partenaires sociaux, et la concertation préalable, avec les parlementaires, ce qui a grandement manqué dans ce dossier.
Le contrat unique est dans toutes les têtes, il arrive, et sera l’étape suivante. Et puis pourquoi pas, la remise en cause des congés payés et du droit de grève ! Au fond, on ne peut pas vous taxer d’inconstance dans l’acharnement à dépecer nos droits et nos acquis. Vous défendez, ici et ailleurs une politique libérale que les Français refusent. Cette politique, je résume c’est 15% par an pour les actionnaires pendant que 600 000 familles ont des problèmes d’accès à l’eau.
Monsieur Emorine, vous dénoncez une campagne nationale orchestrée par le Parti Socialiste, mais vous souvenez-vous de celle de l’ UMP de la rentrée scolaire 2005 , qui voulait faire passer les exécutifs régionaux et départementaux de gauche pour des adeptes de la dépense publique inconsidérée ? La fameuse gabegie socialiste. Parlons chiffre, alors, mais parlons-en vraiment. Depuis que vous gouvernez , la dette publique est passée de 2002 à 2006 de 55% à 66% du PIB . Pourquoi ? Parce que vous baissez les recettes et augmentez les dépenses. Et c’est vous qui parlez de gestion !
Pour en finir, Mr Girardon, enfin avec de vieux démons. A chaque session, ou dans la presse, vous nous parlez de Jospin, des 35 heures et de l’APA, c’est un vrai point de fixation qui ne justifie ni votre politique, ni la nôtre. Une petite histoire donc, pour finir. Mon grand-père avait une chèvre, qu’il avait attachée à un poteau avec une corde. Et bien sûr, à force de brouter toujours au même endroit, il n’y avait plus d’herbe fraîche. Savez-vous ce qu’a fait mon grand-père, il a rallongé la corde, pour que sa chèvre ait plus d’espace et plus de nourriture. Monsieur Girardon, faites donc comme mon grand-père allongez la corde, cessez de toujours labourer au même endroit.
Le budget 2006 respectera nos engagements. - 06/12/2005
A court d’argument sur le fond de la politique conduite par la majorité, l’opposition départementale ne cesse d’évoquer pêle-mêle « la gabegie socialiste » et « l’augmentation inconsidérée des dépenses de fonctionnement ». Il est curieux de constater que son leader, par ailleurs Sénateur, se plaît à répandre ces contre vérités, au lieu de défendre l’intérêt des départements contre l’entêtement persistant du gouvernement à transférer des charges, dans le secteur social notamment, sans les moyens financiers correspondants. Celui ci est pourtant souligné par de nombreux Présidents de Conseil généraux, toutes tendances politiques confondues. Et quand ce même gouvernement décide d’une réforme fiscale qui allègera l’impôt des contribuables les plus riches, et privera encore plus les collectivités de moyens, même Sénateur UMP ne semble pas s’ en émouvoir. La Droite départementale ne veut pas que les investissements départementaux et les dépenses de fonctionnement priorisent la gratuité des transports pour 23000 élèves, l’ aide aux familles les plus modestes face aux coûts de scolarité, la rénovation accélérée des collèges et des établissements sociaux et l’emploi des jeunes. Encore guidée par les démons de « l’investissement de prestige » financé par un recours irraisonné à l’emprunt, comme elle le fit entre 2001 et 2004, elle refuse le recentrage que nous opérons-pour plus de solidarité-sur les compétences premières de la collectivité départementale. Cette gestion avait été lourdement sanctionnée par les électeurs en 2004. Qu’à cela ne tienne, vingt mois plus tard, elle poursuit encore ses vieilles lunes…Nous en sommes encore plus déterminés à amplifier notre action, dans le respect du mandat qui nous a été confié.
L'action sociale, une richesse pour demain... - 04/10/2005
Avec l'évolution toujours plus rapide de la société et des règles qui la régissent, des bouleversements se font sentir dans tous les domaines de la vie : personnel, familial, professionnel, social. De par les missions qu'il remplit, le Conseil général se trouve en première ligne pour observer ces transformations et leurs effets dans la vie quotidienne. Dans ce contexte mouvant, le besoin de protection apparaît parmi les besoins les plus fondamentaux. Personne n'est en effet à l'abri de ce qu'on appelle les "accidents de la vie".
Parce que le Conseil général a la responsabilité des politiques d'action sociale, il doit donc réagir et s'adapter continuellement. Placer l'être humain au cœur du dispositif, c'est la philosophie qui guide le travail du département. Nous ne le ferons qu'en étant attentifs à toutes les facettes de l'action sociale : l'histoire de chacun, la proximité avec les bénéficiaires, un partenariat renforcé, tout cela au service de la qualité.
Chaque individu a une trajectoire personnelle et nous devons déterminer les meilleurs choix pour répondre à ses besoins, et non pas une solution " toute faite " et normalisée. Le département doit aussi se rapprocher de la population et connaître ses attentes. C'est pourquoi nous créons des antennes délocalisées. Pour mieux identifier les éléments nécessaires à des actions efficaces, nous devons construire un partenariat solide avec tous les acteurs de l'action sociale, comme nous l'avons fait pour le Plan Départemental d'Insertion. Tout cela au service de la qualité, pour de meilleures prestations à la personne et une utilisation optimale des moyens du département.
Enfin, nous devons aussi affirmer que ces activités non-marchandes ne sont pas seulement une charge pour la collectivité. Ce sont aussi des emplois à créer sur l'ensemble du territoire et qui, eux ne sont pas délocalisables, c'est précieux aujourd'hui. Partout en Saône et Loire, nous devons faire naître des vocations pour former des professionnels auprès des personnes âgées, handicapées, et auprès des familles. La démographie, l'évolution de la vie professionnelle, tout porte à croire que ces emplois de service sont notre richesse et notre avenir.
Intervention débat de politique générale. Assemblée départementale 14 novembre 2006. - 14/11/2006
Monsieur Le Président , cher(e)s collègues,
L’assemblée que nous ouvrons propose prioritairement de débattre des orientations budgétaires relatives à l’exercice 2007. Au delà de l’aspect obligatoire que revêt ce débat, celui-ci positionne pour le mieux le contexte dans lequel notre département évolue, et donne l’impulsion que nous souhaitons donner à ce troisième budget que nous maîtrisons totalement. Un budget qui sera certes rigoureux, mais un budget doté d’ambitions et un budget de respect de nos engagements, dans le sillon de transformation de la politique départementale que nous creusons depuis 2004.
Le contexte est maintenant connu, il vous a été rappelé par le Président dans ses propos liminaires. Celui-ci est défavorable sur le plan des dotations de l’Etat qui ne prennent pas suffisamment en compte la réalité de notre département. Les perspectives de vieillissement de la population ou la précarisation croissante de nos concitoyens font en effet augmenter considérablement les dépenses sociales subies. L’autonomie fiscale du département est obérée par la réforme de la taxe professionnelle et nous enregistrerons enfin pleinement en 2007 le coût des transferts de personnels consécutifs de l’Acte 2 de la décentralisation. Je ne vais pas m’attarder trop longuement sur ce point là mais il apparaît utile de parfois se répéter pour être entendu.
Je ne résiste pas à reprendre ici les conclusions du Sénateur UMP Eric Doligé, par ailleurs président de Conseil général, votre collègue Monsieur Emorine, qui qualifie dans son dernier rapport cette décision de transferts des personnels T.O.S. et D.D.E. de « bombe à retardement financière pour les Départements ». Ce n’est pas moi qui le dit, c’est un de vos collègues du Sénat, Mr Emorine. Reconnaissez que nous faisons à chaque session preuve de créativité, puisque c’est chaque fois de nouvelles citations qui émaillent nos discours. Et croyez-moi notre documentation n’a pas fini de grandir.
En dépit de ce contexte, nous souhaitons rester ambitieux. Nous défendons des actions concrètes et lisibles car directes pour les habitants de ce département. Nous proposons en effet d’augmenter encore l’investissement pour les équipements, qu’ils soient éducatifs, sociaux ou liés à l’aménagement du territoire. Cette politique a un coût, nous en sommes tous conscients, même si ces effets sur l’endettement sont maîtrisés. Mais elle a surtout sa vertu : celle de préparer l’avenir, un peu comme votre groupe Mr le Sénateur. Pour préparer cet avenir, il nous faut faire face aux besoins émergents en terme de solidarité, de proximité et de modernité. Et donc investir dans les structures existantes, les rénover ou en créer de nouvelles. L’Etat nous explique qu’il brade le patrimoine national et privatise pour maîtriser les dépenses publiques et réduire le déficit. Je n’ai pas l’impression qu’il réussise. Jamais la dette n’a été si forte. Voir à ce sujet le rapport Pébereau. Et on ne me fera pas croire à l’héritage d’une gestion socialiste. Quand on est au pouvoir depuis 2002, on assume.
Notre position est claire : nous affirmons que l’ investissement public reste le moteur principal de l’ économie. Et non pas les sirènes du marché tout puissant. Et nous avons à gérer un double objectif, difficile à atteindre. Répondre à l’urgence et se projeter dans l’ avenir. Soutenir l’emploi de notre département et répondre aux besoins sociaux. (Une gageure, qui mérite mieux que la négation du réel et l’opposition stérile que vous nous proposez.)
Je dois dire pour terminer que ces orientations budgétaires traduisent le respect de nos engagements. Nous améliorons comme promis la scolarité des collégiens et nous apportons notre soutien aux familles. Nous assumons les dépenses pour le troisième âge, les crédits d’insertion, l’accompagnement des communes, des territoires ruraux et des agglomérations. Nous devançons même le gouvernement sur les thématiques de développement durable. Et enfin plus simplement je dirais que nous faisons tout cela en respectant les valeurs essentielles de solidarité, de justice et d’équité qui fondent notre ambition pour ce département.
Le contexte fait que nous assumons de front la dégradation de la situation économique et sociale de notre pays. Très simplement, plus de 260 millions d’euros en 2007 sur un total avoisinant les 365 millions de dépenses de fonctionnement. Nous poursuivons cependant avec cohérence dans notre gestion et en voulant maîtriser au maximum les incidences budgétaires des missions qui nous ont été confiées par les électeurs depuis 2004.
Trame de l'intervention faite dans l'assemblée. Le propos n'a pas été tenu in-extenso.
Intervention en session le 26 septembre 2006 - 26/09/2006
Conseil général, Assemblée départementale.
Intervention de Pierre MARTINERIE, Président du groupe majoritaire.
Cette session s’inscrit dans un contexte national qui marque le début d’une période pré-électorale et d’échéances primordiales pour l’avenir de notre pays. Cette période monopolisera sans doute l’attention de nos concitoyens, au risque de reléguer au second plan les questions relatives à la gestion des départements. Au risque même d’occulter les options politiques défendues par les uns ou les autres sur les bancs de cet hémicycle.
Pourtant, si je me réfère aux questions politiques qui ont animé cette rentrée ou aux dossiers départementaux sur lesquels nous intervenons, je constate au contraire que les débats au sein de cet hémicycle sont au cœur des grands enjeux de cohésion sociale du pays. Et qu’ils entrent en résonnance avec ceux qui traverseront le débat national des prochains mois.
Notre société connaît un accroissement sans précédent des inégalités et un développement massif de la précarité. Les Conseils généraux sont en première ligne pour gérer cette problématique. Nous le voyons bien sur la question du chômage. Si la baisse du chômage était aussi forte que cela, nous compterions moins de personnes bénéficiaires du RMI, moins de demandes d’admission à l’aide sociale, et moins de dossiers de surendettement. Nous constatons également les conséquences de la baisse du pouvoir d’achat des familles. Les augmentations conjuguées des énergies, des loyers et des produits de consommation courante grèvent les budgets des ménages. Au quotidien, dans les diverses commissions sociales où nous siégeons, nous mesurons les difficultés des familles modestes à supporter un coût de la vie de plus en plus élevé.
Que dire dans ce contexte des propos aussi malvenus que provocateurs du Ministre LARCHER, qui publiquement a reproché aux départements de ne pas faire assez dans la lutte contre le chômage ? Monsieur Larcher et vous ses amis, vous savez très bien que nous assumons pleinement le coût du RMI sans en percevoir la compensation entière. Il manque 350 millions pour 2005 pour l’ensemble des départements. Vous savez bien aussi que nos dépenses sur les dispositifs d’aide au retour à l’emploi comme les contrats d’avenir ne seront pas comptabilisés comme promis par l’Etat.
Je vois personnellement dans cette tentative de déplacement des responsabilités le même procédé que celui utilisé récemment par le Ministre de l’intérieur, à moins que ce ne soit le Président de l’U.M.P, puisqu’on ne sait jamais, au fond, à quel titre il s’exprime. Ce procédé est simple : on renvoie à d’autres l’échec patent du gouvernement dans les réformes qu’il applique. Il conduit ainsi à mettre en cause le pouvoir judiciaire, au mépris du principe républicain de la séparation des pouvoirs. Ceci pour masquer de mauvais chiffres sur la sécurité qui lui sont pourtant directement imputables. La meilleure défense c’est l’attaque, n’est-ce pas, c’est de bonne guerre, mais personne n’est dupe.
Nous connaissons bien la méthode. Il y a peu, vous nous avez sommés de réduire les dépenses publiques en nous rendant tout à coup responsables du déficit des comptes du pays. La vraie raison de ce déficit, c’est la succession des allégements d’impôts pour les plus fortunés ou la réforme de la taxe professionnelle défavorable à la fiscalité locale.
Les négociations sur les Contrats de Projets qui annoncent une réduction des enveloppes financières, les baisses drastiques des crédits du Fonds social Européen, toutes ces problématiques nous les évoquerons avec Mme La Préfète. Ces nouvelles nous inquiètent. C’est au moment où les défis sociaux et démographiques sont les plus durs que nous évoluerons dans un cadre de plus en plus contraint.
L’action des départements, le renforcement de leur rôle et les moyens que l’Etat compte y consacrer seront donc quoi qu’il en soit des enjeux majeurs des futures échéances électorales. De nouveaux dispositifs légaux sont en discussion dans le débat parlementaire comme les lois sur la prévention de la délinquance, la protection de l’enfance et la protection juridique des jeunes majeurs. Toujours plus de responsabilités, de moins en moins de moyens, est-ce là l’éthique républicaine ?
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