RCEA 71 : NON A L’AUTOROUTE PAYANTE ! - 11/04/2009
Après le désengagement de l’Etat, la Route Express (RCEA) est la dernière route nationale du département de Saône-et-Loire. Cette grande transversale gratuite, reliant l’Est et l’Ouest de la France, est indispensable pour désenclaver notre département et pour maintenir en vie notre tissu économique le long de son parcours.
Mais c’est une route dangereuse sur les sections résiduelles à 2 voies et dans les goulots d’étranglement entre les parties à 1x1 voies et 2x2 voies. La population et les élus interviennent depuis des années auprès de l'Etat en vue d'obtenir la mise à 2x2 voies sur l'ensemble de la RCEA.
L’extrême lenteur des travaux ne répond pas à l'urgence de la situation : la privatisation des autoroutes décidée en 2005 par le gouvernement a diminué fortement les ressources de l’Agence pour le financement des infrastructures de transport en France (AFITF), qui ne permettent plus de financer la mise à 2x2 voies sur l'ensemble du parcours de la RCEA.
Le Comité interministériel d'aménagement et de compétitivité des territoires, le CIACT, a validé, le 2 février 2009, 1 000 opérations réparties dans l’ensemble des régions, s’inscrivant dans le cadre du Plan de relance de l'économie. Ce plan de relance gouvernemental ne prévoit rien pour la RCEA en Saône-et-Loire.
Face à l'incapacité de l'État à assurer les travaux de mise en deux fois deux voies sur la dernière route nationale de Saône-et-Loire, le ministre des transports Dominique Bussereau, a annoncé sans concertation le 12 février 2009 le passage en concession autoroutière pour la branche sud Mâcon-Paray.
C’est INACCEPTABLE : les usagers et les entreprises devront, par le péage, payer une deuxième fois cette route déjà payée avec leurs impôts, et seront lésés par la suppression probable d’une partie des entrées/sorties actuelles. Les communes riveraines de l’ancienne nationale seront de nouveau envahies par les poids lourds, qui prendront les itinéraires de substitution que le Conseil général devra mettre en place à ses frais, donc aux vôtres.
Nous affirmons notre opposition à la mise en concession autoroutière de la RCEA !
Nous demandons l'achèvement par l’Etat de la mise à 2x2 voies de la RCEA en Saône-et-Loire avec le maintien de tous les accès existants et exigeons que cette route reste entièrement gratuite.
Nous appelons nos concitoyens à se mobiliser et à signer cette pétition soit en ligne, à l’adresse suivante, [url]www.rcea71gratuite.fr,[/url] soit directement sur le coupon figurant au verso.
Il en va de la survie de notre territoire.
J'affirme mon opposition à la mise en concession autoroutière de la RCEA.
Je demande l'achèvement par l’Etat de la mise à 2x2 voies de la RCEA en Saône-et-Loire avec le maintien de tous les accès existants et exige que cette route reste entièrement gratuite
ADRCEA 71 (Association de Défense de la Route Centre Europe Atlantique en Saône-et-Loire)
Château de la Verrerie
BP 69 71206 LE CREUSOT CEDEX
Signature en ligne, NATIONALITE : ce champ "obligatoire" ne nous intéresse pas, vous pouvez le compléter simplement par ** ou ww, etc..
Lien vers le texte : http://rcea71gratuite.fr
Suite à la visite de Mr Bussereau, communiqué de presse - 24/03/2009
Signez et faites signer massivement la pétition lancée, à l’adresse [url]http://www.rcea71gratuite.fr[/url]
Au cours d’une réunion avec les élus du département - réunion de concertation, soi-disant - M. Bussereau, secrétaire d’Etat chargé des Transports a confirmé un certain nombre d’orientations pour la RCEA qui sont inquiétantes pour la Saône-et-Loire et ses habitantsLe secrétaire d’Etat a aggravé les annonces qu’il avait faites en février, puisque c’est la totalité de la branche sud de la RCEA entre Mâcon et l’Allier qui serait concernée par la mise en concession payante et également l’itinéraire compris entre Ciry-le-Noble et Paray-le-Monial.
Nous dénonçons tout d’abord cette politique du deux poids, deux mesures pour la dernière route nationale dont l’Etat a la responsabilité en Saône-et-Loire, et dans des territoires ruraux déjà fragilisés.
La mise en concession payante prendrait au piège de nombreux territoires du département, des territoires ruraux qui ont besoin de se développer ou des territoires industriels dont l’avenir économique dépend de cet axe.
La privatisation prendrait également en otages tous les habitants qui, avec les péages, devront payer cette route une troisième fois.
Comme l’ADRCEA 71 le dit depuis plusieurs semaines, il a en effet été confirmé qu’il n’y aurait pas de gratuité pour les usagers locaux, mais seulement des « réductions », et encore sur de très courts trajets !
L’ADRCEA appelle à poursuivre la mobilisation pour refuser la mise en concession payante et exiger de l’Etat la mise à 2x2 voies gratuites de la RCEA, autant pour la branche Sud que pour la branche Nord.
Elle invite les habitants à signer massivement la pétition qu’elle a lancée, à l’adresse [url]http://www.rcea71gratuite.fr[/url] ou sur simple demande auprès de [url]adrcea71@laposte.net.[/url]
Elle invite toutes les communes du département à diffuser cette pétition et à faire délibérer leur conseil municipal pour s’opposer à ces choix.
Signez et faites signer massivement la pétition lancée, à l’adresse [url]http://www.rcea71gratuite.fr[/url]
Pas de péages sur la RCEA. - 22/03/2009
Vœu déposé par le groupe des Elu(e)s de Gauche.
Ville de MACON
Conseil municipal du 21 mars 2009
Le débat autour de l’avenir de la RCEA a été récemment relancé le 12 février dernier par l’annonce du Ministre Dominique Bussereau indiquant l’intention du ministre de créer une route à péages payante et gérée par un opérateur privé.
La RCEA constitue pour Mâcon un axe de développement majeur, une infrastructure indispensable pour son essor économique, son rayonnement touristique, et pour sa liaison stratégique avec le Centre et le Sud de la France, la Suisse et l’Est de l’Europe.
La RCEA révèle un enjeu majeur de sécurité humaine : route accidentogène qui génère un trafic de près de 13000 véhicules/jour sur la section CLUNY/MACON, elle est à la fois un itinéraire de desserte pour la population locale et de transit pour les poids lourds, qui constitue sur certaines portions plus de 40% du trafic. Depuis 7 ans, un retard considérable a été pris dans les travaux, faute de financements par l’Etat. En 2004, le Gouvernement annonçait d’ailleurs que pour accélérer les travaux, il créait l’AFIT (Agence Française pour les Infrastructures de Transports), qui devait avoir pour vocation de supporter une partie des investissements prévus. Or, dès 2006, le gouvernement De Villepin cédait ses parts dans les sociétés d’Autoroutes. Se privant de cette ressource, il mettait lui-même le frein sur les investissements.
A ce jour, ceux ci sont estimés à 420 millions d’euros pour l’ensemble de l’itinéraire desservant notre Département, dont 229 millions d’Euros pour la Branche sud.
Plusieurs raisons conduisent à refuser cette mise en concession :
La concession n’avancera pas significativement le calendrier des travaux :
La concession impose des lourdes études économiques et d’impact, ainsi que des procédures d’appels d’offres qui repoussent dans des délais imprévisibles la mise en travaux proprement dite. L’échéance n’est pas dans huit ans comme l’affirme les tenants de la concession mais bien, à moins d’un rattrapage des crédits, 2025, concession ou pas !
La concession ne garantira pas la gratuité aux Mâconnais :
La gratuité n’existe jamais dans le cadre d’une concession. Quand un usager local ne paye pas un péage, ce sont les collectivités qui prennent en charge son passage, et au bout du compte, le contribuable. A ce sujet, l’exemple local souvent mis en valeur de la section « gratuite » de l’A40 entre Feillens, ou Bâgé et Mâcon est hors de propos : il s’agit d’un parcours de 4 ou 7 kilomètres d’une nouvelle autoroute, pourvue d’un itinéraire de substitution. Que vaut-il comparé aux 150 kilomètres de RCEA en Saône et Loire, avec un nombre de sorties qui pourra être très limité ? A un coût moyen estimé entre 7 et 10 centimes d’euros du kilomètre selon le niveau de rentabilité qui sera exigé par l’opérateur, un trajet Mâcon/Charolles pourra être facturé jusqu’à 6 euros.
La concession sera un montage financier douloureux pour le contribuable :
Ces dix dernières années et en prenant en compte ce qui est programmé, L’Etat et les autres financeurs auront inscrit pour cette route plus de 350 millions d’euros de travaux dont 91 pour la branche sud. Le Département y a consacré près de 80 millions, la Région 100 : on s’apprête donc à céder à un opérateur privé une infrastructure payée en partie par le contribuable.
En outre, des itinéraires de substitution seront à financer. La création de section à péages détournera le trafic local et une partie du trafic poids lourds sur les départementales. Qui devra donc financer de nouvelles infrastructures, et répondre à une utilisation accrue de ces routes ? Les collectivités, ce qui fera payer l’usager 3 fois pour la même route !
Pour le Mâconnais, la concession est un retour en arrière.
LA RCEA a été conçue comme une route permettant de désenclaver le Département et un axe permettent de contourner les ex-départementales qui traversaient de nombreux villages du Val Lamartinien et du Mâconnais. Même si la situation géographique de notre ville lui faisait bénéficier d’une sortie, elle ne changerait rien au probable déport du trafic sur les axes secondaires, au cœur de nos communes qui auront à supporter de nouveaux aménagements de sécurité pour les habitants. Ainsi, on retrouvera, sur l’ex-Nationale 6, les Départementales D54 (Route de Bioux) et D579 (Charnay), et enfin sur le Pont Sud, les véhicules contournant l’autoroute de la RCEA et de l’A406, pour fuir leurs péages. Le fort trafic qui sera déporté sur ces itinéraires en raison de péages nous fera revenir 20 ans en arrière !
Voilà pourquoi les élus municipaux de Mâcon, réunis au Conseil municipal du 23 mars 2009, demandent :
· Au gouvernement de mettre un terme à la procédure de privatisation de cette voie.
· La reprise immédiate des travaux aménagement de la RCEA grâce à la mobilisation des crédits nécessaires inclus dans le plan de relance de l'économie mis en oeuvre par le gouvernement.
· La publication du calendrier prévisionnel des travaux jusqu'à l'achèvement de la mise à deux fois deux voies de la totalité du tracé.
Le conseil Municipal décide de ne pas renouveler son adhésion à l'association A.R..C.E.A. favorable à la concession ( Cotisation annuelle 840 € )
RCEA : il est encore temps. - 17/03/2009
Le débat autour de l’avenir de la RCEA a été récemment relancé par l’annonce du Ministre Dominique Bussereau du lancement d’une étude sur sa « concessibilité », indiquant son intention de créer une route à péages payante gérée par un opérateur privé.
La RCEA constitue pour notre agglomération un axe de développement majeur, une infrastructure indispensable pour son essor économique, son rayonnement touristique, et pour sa liaison stratégique avec le Centre et le Sud de la France, la Suisse et l’Est de l’Europe. Pour les communes du sud-mâconnais, dont l’attrait touristique repose sur la viticulture et la patrimoine, cette décision revêt un caractère prépondérant.
Je tiens à vous faire part de ma position personnelle sur ce dossier. Elu d’un canton irrigué par cet axe, et soucieux du développement de notre territoire, il me semble important d’agir en toute transparence vis à vis des élu(e)s des communes, qui sont les premiers partenaires de l’action d’un Conseiller général. C’est pourquoi je tiens à vous informer de mon opposition la plus ferme à ce projet de concession privée ; et ce au regard plusieurs considérations.
La RCEA révèle d’abord un enjeu majeur de sécurité humaine : route accidentogène qui génère un trafic de près de 13000 véhicules/jour sur la section Cluny/MACON , elle est à la fois un itinéraire de desserte pour la population locale et de transit pour les poids lourds, qui constitue sur certaines portions plus de 40% du trafic . Depuis 7 ans, un retard considérable a été pris dans les travaux , faute de financements par l’ Etat. En 2004, le Gouvernement annonçait d’ailleurs que pour accélérer les travaux et « faire financer le transport par le transport », la création de la nouvelle AFITF (Agence de financement des infrastructures de transports) allait pouvoir supporter une partie des investissements prévus. Or, dès 2006, le gouvernement alors en place annonçait la cession de ses parts dans les Sociétés d’Autoroutes, qui étaient censées apporter leur contribution, se privant ainsi de cette nouvelle ressource. Il faut savoir que le montant des investissements estimé à ce jour est de 420 millions d’euros pour l’ensemble de l’itinéraire desservant notre Département, dont 229 millions d’Euros pour la Branche sud.
On vous dit que la concession avancera significativement le calendrier des travaux, c’est faux !
La concession impose des lourdes études économiques et d’impact, ainsi que des procédures d’appels d’offres qui repoussent d’au moins cinq ans la mise en travaux proprement dite. Pour exemple, le dossier de concession du prolongement de la section autoroutière Vichy-Gannat, annoncé en 2004, n’est pas encore bouclé. Pour la RCEA, l’échéance ne sera pas 2018 comme l’affirme les tenants de la concession mais bien, à moins d’un rattrapage des crédits, 2025, concession ou pas !
On vous dit que la concession garantira la gratuité aux résidents Saône-et-Loiriens, c’est faux !
La gratuité n’existe jamais dans le cadre d’une concession. Quand un usager local ne paye pas un péage, ce sont les collectivités qui prennent en charge son passage, et au bout du compte, le contribuable. A ce sujet , l’exemple local souvent mis en valeur de la section « gratuite » de l’ A40 entre Feillens, ou Bagé et Mâcon est hors de propos : il s’agit d’un parcours de 4 ou 7 kilomètres d’une nouvelle autoroute, aux passages payés par les Conseils généraux de Saône et Loire et de l’Ain, pourvue d’un itinéraire de substitution ? Que vaut-il comparé aux 150 kilomètres de RCEA en Saône et Loire, avec un nombre de sorties qui pourra être très limité. Comment l’opérateur pourra-il accepter de créer autant de sorties à péages qu’il en existe maintenant ? Comment les collectivités pourraient financer des parcours de 30 à 60 kilomètres, facturés par le concessionnaire, alors que cette route sera le seul itinéraire rapide possible pour de la desserte locale ?
On vous dit que la concession sera un montage financier indolore pour le contribuable, c’est faux !
Sur ces dix dernières années et en prenant en compte ce qui est programmé, L’Etat et les autres financeurs auront inscrit pour cette route plus de 350 millions d’euros de travaux ( aménagements à 2x2 voies ou ouvrages d’art) dont 91 pour la branche sud. Le Département a lui-même consacré près de 80 millions : on s’apprête donc à céder à un opérateur privé une infrastructure payée en partie par le contribuable.
Quant à l’acquittement d’un droit de péages , à un cout moyen estimé entre 7 et 10 centimes d’euros du kilomètre selon le niveau de rentabilité (calculé en fonction du trafic) qui sera exigé par l’opérateur, un trajet Mâcon/Charolles pourra être facturé jusqu’à 6 euros. Chaque passage reversé à l’opérateur lui bénéficiera, pour une partie sur des investissements déjà réalisés par la collectivité.
Quelle est cette conception du patrimoine commun qui brade nos investissements collectifs au profit des intérêts privés ?
En outre, des itinéraires de substitution seront à financer. La création de section à péages détournera le trafic local et une partie du trafic poids lourds sur les départementales. Qui devra donc financer de nouvelles infrastructures, et répondre à une utilisation accrue de ces routes ? Les collectivités, et en premier lieu le Conseil général, et indirectement nos communes. Cette concession fera payer donc l’usager, et la collectivité, 3 fois pour la même route !
On vous dit que la concession est moderne, c’est faux, il s’agit d’un retour en arrière.
LA RCEA a été conçue comme une route permettant de désenclaver le Département et un axe permettant de contourner les ex-départementales qui traversaient de nombreux villages du val Lamartinien et du sud-mâconnais. Le fort trafic qui sera déporté sur ces itinéraires en raison de péages nous fera revenir 20 ans en arrière ! Pour le développement touristique, il est à craindre que les territoires situés loin des futures sorties, dont le nombre sera réduit, ne soient plus identifiés, et donc moins fréquentés par les utilisateurs. On vous dira aussi qu’au regard de la situation stratégique de notre canton(Gare TGV, contournement sud, Liaison RN6…), celui-ci bénéficiera d’une sortie. Cela ne change rien au probable déport du trafic sur les axes secondaires, au cœur de nos communes pour lesquelles nous aurons à supporter de nouveaux aménagements de sécurité pour les habitants.
Notre canton, avec le très fort trafic de la RN6 souffre déjà des conséquences de la circulation de transit. Il y a fort à parier qu’une RCEA payante ne dégrade encore ces conditions, même si l’achèvement du contournement sud/est de Mâcon déviera une part du trafic.
Une nouvelle association , l’ADRCEA, vient de se créer. Elle propose de mobiliser les élu(e)s et les populations pour exiger l’accélération des travaux, refuser la mise en concession, et inscrire des crédits par exemple dans le cadre du plan de relance pour lequel notre territoire a totalement été oublié. On vous dira que cette association est aux mains de « politiques », et qu’elle agit en sécession de la structure officielle, dénommée ARCEA. Or cette dernière, sans concerter les élu(e)s est venue progressivement adouber les thèses de la concession. Dès lors, plutôt que de s’aligner sur le silence compatissant des parlementaires mâconnais, où à céder à l’injonction faite aux Maires des communes de notre territoire de signer des courriers de soutien à la concession ; il est apparu nécessaire de s’investir dans un autre cadre. Des élu(e)s de toute tendance siègent dans cette association. On vous dira encore que cette association fait de l’idéologie. Tout au contraire, le bon sens et le pragmatisme imposent de rejeter cette mise en concession. Il en va tout simplement de notre intérêt collectif.
Je vous transmets pour information les coordonnées postales et électroniques de cette association, qui a déjà réuni près de 200 personnes, dont de nombreux élu(e)s à La Roche Vineuse le 4 mars dernier.
Un modèle de délibération pour votre Conseil municipal a été transmis à votre Maire, au cas où ce point soit mis à son ordre du jour, ce qui exprimerait l’opposition de votre commune à cette mise en concession.
La mobilisation des élu(e)s, comme celle des habitants sera le seul rempart à ce projet néfaste pour notre agglomération.
ADRCEA 71 - Château de la Verrerie, BP 69, 71206 LE CREUSOT CEDEX-adrcea71@laposte.net
Financement de la route Centre-Europe-Atlantique en Saône-et-Loire - 06/01/2009
Question de Didier Mathus à l'Assemblée nationale concernant le financement de la RCEA.... et la réponse de M. Falco, secrétaire d'Etat chargé de l'Aménagement du territoire. L'Etat ne souhaite pas mobiliser de fonds supplémentaire pour terminer la portion stratégique de la RCEA en Saône et Loire. La mise en concession aux sociétés autoroutières surtout pour la branche sud ets manifestement la piste privilégiée par l'Etat.
M. le président. La parole est à M. Didier Mathus, pour exposer sa question, n° 457.
M. Didier Mathus. Monsieur le secrétaire d’État chargé de l’aménagement du territoire, je voudrais une fois de plus appeler votre attention sur le financement de la branche nord de la route Centre-Europe-Atlantique, axe majeur du département de Saône-et-Loire. Depuis des années, la question de sa nécessaire – pour ne pas dire vitale – mise à deux fois deux voies est posée. Or la remise en cause du précédent contrat de plan État- région 2000-2006 par le gouvernement Raffarin a entraîné la suspension des travaux. Certes, le contrat de site Kodak a pris le relais mais, à ce jour, seuls les travaux Chalon-Montchanin sont financés – avec un retard de près de cinq ans, puisque la mise à deux fois deux voies ne devrait être effective que fin 2009.
Sur la portion Montchanin–Montceau-les-Mines, qui supporte la plus grande densité de circulation et présente la plus grande dangerosité, rien n’est programmé financièrement. Après Montceau, pour la branche sud en direction de Paray-le-Monial, l’hypothèse d’une mise en concession est étudiée au motif allégué d’accélérer les travaux. En effet, la privatisation des autoroutes a porté un coup fatal au financement de la modernisation de notre réseau routier.
Pourtant, la mise à deux fois deux voies de l’ensemble de la RCEA en Saône-et-Loire – branche nord et branche sud – n’est pas qu’une question de confort, mais représente un enjeu essentiel en termes de sécurité, quand on sait que l’on a déploré huit morts sur cet axe en 2008. Je rappelle également que le trafic sur la RCEA est d’environ 25 000 véhicules par jour, dont près de 25 % de poids lourds.
Lors de la présentation du plan de relance, le Président de la République a annoncé que des aides axées sur l’investissement, notamment en matière d’infrastructures, seraient débloquées. Trois projets autoroutiers vont d’ailleurs en bénéficier dès à présent.
Je demande à l’État de préciser sa position : y aura-t-il une concession entre Montceau-les-Mines et Paray-le-Monial, et les travaux restant à réaliser entre Montchanin et Paray-le-Monial pourront-ils enfin bénéficier, au titre du plan de relance, d’un financement à la hauteur des problèmes à résoudre ?
M. le président. La parole est à M. Hubert Falco, secrétaire d’État chargé de l’aménagement du territoire.
M. Hubert Falco, secrétaire d’État chargé de l’aménagement du territoire. Monsieur le député, l’aménagement de la route Centre-Europe-Atlantique est un objectif prioritaire pour l’État.
Dans le département de Saône-et-Loire, plusieurs opérations sur la RCEA ont jusqu’ici bénéficié de crédits en provenance des volets routiers des contrats de plan État-région successifs, ainsi que d’un programme spécifique d’accélération décidé par le comité interministériel d’aménagement et de développement du territoire de 2003.
Sur la branche nord de la RCEA, entre Chalon-sur-Saône et Le Creusot, la section Givry-Cocloye, de 3 kilomètres, a été mise en service en 2007. Sur la section située entre Moroges et Saint-Désert, les travaux ont démarré en mars 2008, pour une mise en service prévue fin 2009. Sur la section Cortelin-Droux, les travaux devraient démarrer au premier semestre 2009.
Sur la branche sud de la RCEA, entre Paray-le-Monial et Mâcon, la section Charolles-La Fourche, de 7,5 kilomètres, a été mise en service fin 2006. Deux opérations sont actuellement en travaux : le viaduc de Volesvres, à l’est de Paray-le-Monial, et la section Verosvres-Dompierre-les-Ormes, dite col des Vaux, de 2 kilomètres.
Le plan de relance vise à mobiliser des crédits pour permettre le lancement en 2009 des chantiers nécessaires au soutien de notre économie. Il est donc clair que l’aménagement de la totalité de la RCEA entre les autoroutes A71 et A6 ne peut pas être raisonnablement envisagé dans un tel calendrier.
C’est pourquoi, pour permettre d’achever dans des délais resserrés la mise à deux fois deux voies de la RCEA, l’État poursuit les études relatives à une mise en concession de l’itinéraire entre Montmarault dans l’Allier et d’une part Mâcon, d’autre part Chalon. Les premiers résultats de cette étude pourront vous être présentés dans les semaines qui viennent.
M. le président. La parole est à M. Didier Mathus.
M. Didier Mathus. Je ne peux que regretter ce que vient de dire M. le secrétaire d’État. Il me semble qu’en écartant d’office la branche nord de la RCEA du bénéfice éventuel du plan de relance et en envisageant comme seule perspective une privatisation de cet axe qui concerne plus de la moitié des habitants du département, le Gouvernement commet une grave erreur. La mise en concession avec l’installation de péages est inacceptable pour les populations concernées.
RCEA : un projet inacceptable!
Communiqué de l'Union des Elus socialistes et républicains
Le Ministère de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement Durables a annoncé avoir fait réaliser une étude de faisabilité de concession concernant les tronçons Digoin-Ciry le Noble et Paray le Monial-Mâcon de la RCEA. En outre, l'Etat a décidé que la poursuite de la mise à 2X2 voies du rond-point Jeanne-Rose à Blanzy reviendrait à la charge des collectivités locales… Ces nouvelles ne font que confirmer les inquiétudes des élus socialistes et républicains. Elles corroborent totalement les intentions exprimées par MM. Beaumont et Emorine et nécessitent ainsi une riposte politique d'ampleur.
Les risques et enjeux de cette privatisation sont majeurs. Rappelons que la mise en place de péages pénaliserait financièrement les usagers qui empruntent cet axe tant pour leurs déplacements personnels que pour se rendre à leur travail, que la suppression de nombreux échangeurs et de nombreuses sorties perturberait fortement la desserte de très nombreuses communes, qu'une telle mesure mènerait inévitablement à l'augmentation des charges financières des collectivités locales qui seraient contraintes de mettre en place des itinéraires de substitution, que la privatisation induirait l'augmentation du transit de poids lourds par les routes secondaires et les traversées de villages, que les entreprises seraient pénalisées avec un renchérissement des coûts d'approvisionnement ou d'acheminement.
L'UMP, accaparée par une vision purement idéologique, fait fi de ces arguments. Tout est bon pour promouvoir le démantèlement de l'Etat. Au final, c'est toute la politique d'aménagement du territoire qui est ainsi attaquée et le développement de la Saône-et-Loire qui est compromis. Sur le fond, les élus socialistes et républicains, afin de poursuivre la mobilisation, peuvent faire voter un vœu demandant « à l'Etat d'engager sans attendre les crédits nécessaires à la poursuite des travaux de mise à 2 fois 2 voies de la partie de la branche nord de la RCEA qui traverse le territoire communautaire ».
La RCEA en concession : les usagers vont payer
Ma position
Le 15 février dernier, le Préfet de l'Allier au nom du gouvernement en tant que coordonnateur du projet RCEA faisait la proposition d'étudier la mise en concession autoroutière de la Route Nationale 80 branche Nord Chalon-Montceau-Paray ainsi que la branche Sud Macon-Paray.
Les conséquences d'un tel projet sont inacceptables pour les habitants du maconnais :
- La mise en place de péages va pénaliser financièrement l'usager qui emprunte cet axe aussi bien pour ses déplacements personnels que pour se rendre à son travail.
- La proposition de mise en place de PASS ou promettre la gratuité pour les habitants de Saône-et-Loire est illusoire puisque la concession devrait être équilibrée sans subventions publiques.
- La réduction du nombre d’entrées et de sorties perturbera fortement la desserte interne sur le Maconnais-Val de Saône.
- Les collectivités locales devront mettre en place des itinéraires de substitution (en cas de fermeture de l’autouroute par exemple). Qui va encore payer ?
- Nous risquons de voir augmenter le transit des poids lourds qui emprunteront à nouveau les routes secondaires et traverseront ville et villages pour économiser les frais de péages.
- Cette opération pénalise les entreprises maconnaises avec un renchérissement des coûts d'approvisionnement ou d'acheminement.
L'Etat en Saône-et-Loire ne possède plus que la RCEA et la N80, cette privatisation programmée n’est qu'un abandon de plus en matière d'aménagement du territoire. Si la démarche va au bout, l'Etat ne respectera pas ses engagements de mise à 2 x 2 voies de la RCEA. Il est nécessaire de rappeler que c’est le gouvernement RAFFARIN a gelé les crédits en 2003, ce qui n'a pas permis de tenir le programme du contrat de plan Etat-Région. Alors que des élus locaux de droite se font très discrets sur le sujet, et à l’heure où la baisse du pouvoir d’achat est au centre de toutes les attentions, nous nous opposons à un tel renoncement de l'Etat approuvé hélas par plusieurs parlementaires UMP du département, dont le sénateur-maire de Mâcon, Jean-Patrick Courtois.
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