Le but du CG71 est d’initier un développement économique local centré sur les énergies renouvelables et les filières de production de bois de construction. Le Président du Conseil général, Arnaud Montebourg, est convaincu que cette vieille région française, qui fut un phare intellectuel de l’Europe médiévale (Abbaye de Cluny - Xe au XIIe siècle), et qui connaît actuellement un dépeuplement et un vieillissement de sa population, peut être revitalisé par une « économie verte ».
Pierre Martinerie, conseiller général en charge de l’environnement et du développement économique, considère que l’existence dans la région de savoir-faire de haut niveau dans le domaine de la construction (charpente bois, menuiserie, lamellé-collé, taille de la pierre) alliée avec la disponiblité de ressources locales abondantes (forêts exploitables, pierre de Bourgogne) ainsi que la présence de l’ENSAM à Cluny (spécialisée dans la formation d’ingénieurs en construction bois), constituent des atouts importants pour réussir un développement local durable.
La satisfaction des besoins en logements économiques est devenue une priorité pour le CG71. Comme partout ailleurs en France, la population à faible revenu connaît des difficultés importantes pour trouver une maison à louer abordable. C’est pourquoi, le développement d’une filière construction orientée vers l’éco-responsabilité apparaît comme une très bonne façon de dynamiser l’activité économique tout en répondant à une demande sociale forte.
Des projets intégrés dans un programme de recherche transversale
Le programme de recherche « sous le soleil...exactement ! » associe architectes, ingénieurs
urbanistes et ethnologue pour répondre au défi de l’habitat éco-responsable du futur. Il a
pour objectif d’explorer les pistes possibles en matière d’habitat, d’organisation urbaine et
d’aménagement du territoire afi n de créer un environnement durable dans un contexte donné.
Toutes les échelles de travail de structuration de l’espace sont questionnées : du territoire à la
parcelle, de la ville au logement, de l’équipement au mobilier. Tous les types d’habitat sont
envisagés, de l’immeuble collectif à la maison individuelle, de l’habitat intermédiaire à la
nanotour. Toutes les temporalités de l’habiter sont prises en compte, du déplacement au
déménagement, des saisons aux événements climatiques exceptionnels. Tous les aspects de
l’éco-responsabilité sont explorés, des matériaux au fonctionnement des espaces à vivre.
La recherche est développée sous la forme d’avant projets conçus par les élèves architectes dont
certains sont testés sous forme de prototypes à échelle 1 construits aux Grands Ateliers de
l’Isle d’ Abeau. L’objectif de cette pédagogie par l’expérimentation est d’arriver à effectuer une
synthèse dans un esprit d’économie et de former des architectes et des ingénieurs capables de
travailler ensemble pour concevoir des modèles d’habitat adaptés à différentes situations. Parmi
les projets de ce programme, l’ENSAG a participé à Paris en automne 2008 au concours «Atelier
d’architecture pour un Habitat éco-responsable» organisé par la Cité de l’Architecture et du
Patrimoine et la commissaire de l’exposition «Habiter écologique» Dominique Gauzin-Müller.
L’ENSAG a remporté le 1er et le 3e prix ainsi qu’une mention. L’équipe participe également
à la compétition universitaire internationale de maisons solaires «Solar Decathlon Europe»,
Madrid 2010.
À la recherche de nouveaux modes d’habiter
L’exposition Habiter écologique – Quelles architectures pour une ville durable, qui aura lieu du 13 mai au 1er novembre 2009 à la Cité de l’architecture & du patrimoine à Paris, est l’occasion de pratiquer l’intelligence collective autour de modèles d’habitat plus « soutenables » et de la
démarche « holistique » - globale, pluridisciplinaire et intégrative - qui y mène. Souhaitant sensibiliser les futurs professionnels au problème des 3 millions de mal logés de notre pays, nous avons initié dans cinq écoles d’architecture des projets d’habitat écoresponsable, en partenariat avec la Fondation Abbé Pierre.
Trois des cinq équipes lauréates appartiennent à l’école d’architecture de Grenoble, qui travaillait à ces sujets bien avant qu’ils soient médiatisés. Leurs propositions montrent que les étudiants ont su concilier écologie et économie dans un élan de solidarité créatif. Je me réjouis que les lauréats de l’ENSAG aient déjà trouvé un lieu d’expérimentation en Saône et Loire.
Dominique Gauzin-Müller
Commissaire de l’exposition Habiter écologique
Construction d’un prototype
Dans ce contexte, le CG71 et l’ENSAG en étroite collaboration avec l’Ecole Nationale Supérieure
des Arts et Métiers de Cluny, ont prévu de construire le prototype du projet Outsider - 1er Prix du concours de la Cité de l’Architecture et du Patrimoine - sur le site de La Galerie Européenne
de la Forêt et du Bois situé à Dompierre-les-Ormes pour sensibiliser la population et amorcer la formation des entreprises locales.
Le prototype sera étudié avec un objectif plus ambitieux de bâtiment totalement autonome en énergie. Il sera préfabriqué aux Grands Ateliers de l’Isle d’Abeau et assemblé sur place au cours de l’année 2009 par les étudiants de l’ENSAG et de l’ENSAM. Le bâtiment sera ensuite implémenté afin de mesurer son comportement effectif en grandeur réelle.
Un projet prétexte à réflexion
“OUTsiders” propose une nouvelle manière d’habiter : habiter les saisons, habiter confort, habiter ensemble. La stratégie adoptée est de construire moins, mais : à l’abri d’un grand parapluie capteur d’énergies, créateur d’un microclimat gérable par chacun des habitants, bien agencé et évolutif, habiter plus dehors.
Ainsi, pour un logement de 1 à 4 personnes : on aura 46 m2 intérieur, 32 m2 dehors habité, 100 m2 dehors couvert, 100 m2 extérieur, soit un habitat de 46 m2 à 280 m2 selon les saisons.
L’implantation de plain pied du projet permet une accessibilité aux personnes à mobilité réduite, et la polyvalence et l’extensibilité des espaces répondent aux différents besoins de logements, de la famille monoparentale à la famille nombreuse. Il est prévu que le “parapluie” soit mis en place par une entreprise et que le module soit réalisé en auto-construction solidaire.
“OUTsiders” privilégie l’utilisation d’énergies renouvelables (eau, soleil, bois ...) et mènera une recherche sur l’autonomie énergétique complète (électricité, chauffage, eau et transport) en instrumentant le prototype.
Dans les choix des matériaux et techniques constructives, le prototype tentera de développer une dynamique locale en accord avec les maîtres d’ouvrage, à travers l’utilisation des matériaux et des savoir-faire locaux (échanges avec les constructeurs et la filière bois) et de promouvoir l’innovation
architecturale et les potentialités constructives du matériau bois, les ressources du territoire de
la Saône et Loire.
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