Le département a recu, depuis la loi de décentralisation de 2004, la responsabilité de 252 kilomètres de « routes nationales d’intérêt local » supplementaires, pour un total de près de 5300 kms en tout. Ce transfert nous amène à règler plusieurs problématiques nouvelles : l’entretien et les travaux à réaliser, les coûts d’investissement, le développement ou non du réseau, la gestion des véhicules et du parc de l’Equipement, et enfin le transfert des biens immobiliers : les bureaux, les centres d’exploitation, les locaux techniques … |
Le transfert des salariés de la DDE fera, lui, l’objet d’un opus ultérieur. Nous en resterons pour ce chapitre de notre livre noir aux aspects « matériels » de cette compétence.
L’Etat doit assurer une compensation pour l’entretien des routes nationales transférées. Or, ces cinq dernières années, il a peu investi, se contentant de gérer les affaires courantes. Ce sont donc des dépenses moindres qui seront compensés, alors que les besoins, eux seront conséquents. Par ailleurs, il faudra peut être rénover ou aménager de certains centres routiers transférés, pour assurer un meilleur service, acquérir de nouveaux matériels. Toutes ces travaux ne feront pas l’objet d’une compensation de la part de l’État puisqu’il s’agit de dépenses induites.
De plus, le département va à présent devoir assurer le coût des traversées d’agglomération pour les routes nationales. Quand l’ Etat assurait seule la couche de roulement, le Département devra, lui, financer 100% du coût de la chaussée ainsi que 30% à 50% des aménagements urbains nécessaires. Par ailleurs, la loi n’a apparemment pas prévu de transfert de ressources au titre du développement du réseau routier. C’est donc de l’argent frais qu’il faudra trouver dans ces deux cas. Il est aujourd’hui impossible de donner une évaluation chiffrée de ces coûts supplémentaires.
Et parce que le cynisme n’a pas de limite, je terminerai sur le chapitre de la RCEA. Il était convenu que le département assurerait le financement des investissements relatifs aux routes départementales et nationales transférées, et que l’Etat garderait la RCEA à sa charge. Or, très récemment on nous a annoncé que pour aller plus vite, l’argent du département serait le bienvenu, un comble !
Nous aurons donc une double pression financière à gérer : toutes les dépenses ne sont pas compensées, et des travaux d’infrastructures capitales sont à financer.
Politiquement, c’est une affaire bien délicate. Car si le département gère dérsomais pratiquement l’ensemble du réseau routier, il y a fort à parier que les attentes des usagers seront plus grandes. Le Conseil général et ses élus sont plus proches et les contacts plus faciles. L’opposition l’a bien compris qui commence à nous interroger sur certains dossiers. Malgré des efforts significatifs, il y a loin de la coupe aux lèvres. Nous aurons donc à arbitrer entre un taux soutenable des impôts, une gestion rigoureuse et l’exercice de notre responsabilité en matière de sécurité routière. A moins que nous ne réclamions, à l’image de notre département ami du Nord, le partage des recettes des radars automatiques...
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