Pierre Martinerie innover, avancer Conseiller général de Mâcon Sud
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Coups de gueule - 07/07/2010

Comme leur nom l'indique...
Réaction aux propos tenus par Monsieur le Maire de Mâcon - 30/06/2010

Il faut croire que tous les élus de la majorité gouvernementale n’ont pas la même compréhension des difficultés des Départements et de leurs sources. Les rapports officiels se multiplient pour expliquer, quel qu’en soit le rédacteur, que les Départements sont étranglés financièrement du fait de l’absence de compensation de la part de l’Etat d’un nombre important de dépenses qui, bien que dépendantes de la solidarité nationale, sont financées par l’impôt local.

En tous cas, Jean-Patrick COURTOIS réitère pour la seconde fois, la même erreur grossière d’analyse quant aux finances du Conseil général de Saône-et-Loire.

En étant capable, dans une même soirée, de déplorer d’abord l’abandon par le Département de projets d’investissements pour Mâcon puis de regretter quelques minutes plus tard des investissements trop importants de la part du même partenaire, qui auraient endetté de façon démesurée la collectivité, Jean-Patrick Courtois nous prouve son incohérence politique.

D’autant que, faut-il le rappeler, sa ville a largement bénéficié, de 2004 à 2009, des investissements du Conseil général : ce sont ainsi 1,947 millions d’euros qui auront été investis pour le seul bénéfice de la ville de Mâcon et de ses habitants, et plus de 500 000 € de fonctionnement consentis aux différentes associations mâconnaises.

Doit-on rappeler les investissements consentis pour financer le pont François Mitterrand, les réfections des giratoires Pompidou et Mitterrand, la rénovation de l’église Saint Vincent, la réfection de la MJC des Bioux, l’extension du COSEC de Schuman ? Peut-on si aisément oublier ceux programmés pour la construction d’un centre social aux Blanchettes, le réaménagement de l’accueil du centre social de la Chanaye, ou encore l’équipement social de l’Abîme ? Les 4 projets maintenus dans la CDSU représentent un investissement pour le Département de 645 350 € !

Le projet de création d’une salle évènementielle de 762 000 euros, en plus de l’ensemble des structures capables d’accueillir des spectacles sur Mâcon ne nous a pas semblé opportun, au regard des difficultés que traversent actuellement nos concitoyens et nous avons décidé, dans les arbitrages que nous avons eu à réaliser, de privilégier d’autres projets qui répondent davantage aux besoins des mâconnais.

Enfin, et pour en terminer sur la question des emplois, je tiens à fournir quatre informations que le Sénateur-Maire pourrait mettre à profit dans sa réflexion :
l’augmentation entre 2004 et 2010 de la masse salariale au Conseil général, si l’on tient compte des transferts de compétence, se monte à +0,54 %

Cette même masse salariale, si l’on n’intègre pas les postes transférés par l’Etat, est en diminution de 0,50% entre 2004 et 2010
en 2010, le ratio de charge de personnels est inférieur à la moyenne des Départements de France,
en 2010, le ratio de charge de personnels de la ville de Mâcon est supérieur à celui des villes équivalentes en France (767 contre 665, soit 100€ par habitant de plus).

Joelle Marzio
Pierre Martinerie

Austérité : la double peine - 31/05/2010

La politique d’austérité annoncée par le gouvernement est injuste et irresponsable.
Injuste, car elle va lourdement peser sur les dépenses sociales, sur les services publics, notamment locaux, et sur le soutien à l’activité économique. Cela veut dire moins de moyens pour l’éducation, pour la sécurité, pour la santé, pour la recherche, etc.

C’est irresponsable, parce que cette politique pénalise l’avenir. Elle va fragiliser la reprise en contribuant à affaiblir encore la consommation, qui est le principal moteur de la croissance dans notre pays.

Bien entendu, il faut être rigoureux dans la gestion des finances publiques. Mais rigueur ne veut pas dire austérité. Nous avons montré lorsque nous étions aux responsabilités entre 1997 et 2002 que l’on pouvait parfaitement réduire les déficits et augmenter les prestations fournies aux Français.

Aujourd’hui, des économies sont possibles dans de nombreux domaines. Mais surtout, il faut mettre à contribution les hauts revenus, les gros patrimoines et les grands profits alors qu’ils ont bénéficié de multiples cadeaux fiscaux depuis 2002.

Nicolas Sarkozy refuse de changer de politique, malgré l’urgence. Il l’a dit à ses amis du Fouquet’s et du Bristol : ils peuvent dormir tranquille sur les milliards qu’ils ont accumulés !
La politique du gouvernement aboutit donc à faire payer la facture de la crise à ceux qui n’en sont pas responsables et à épargner tous ceux qui ont bénéficié pendant des années des excès du capitalisme financier. C’est une profonde injustice.

La politique des gouvernements de droite à travers l’Europe vise à sauver ce système qui marche sur la tête alors qu’il faudrait au contraire y mettre fin et
inventer enfin un nouveau modèle.

Pour la justice sociale, pour la relance, abrogeons le paquet fiscal - 26/03/2009

La France traverse la plus grave crise économique et sociale depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Loin de prendre la mesure de la situation, le gouvernement n’a toujours pas adopté le plan de relance dont notre pays a besoin.

Le bouclier fiscal adopté par la majorité UMP-Nouveau Centre dès le mois de juillet 2007 est une mesure profondément injuste qui accentue les inégalités en protégeant les plus fortunés des Français.

Injuste à son origine, le « paquet fiscal » est devenu absolument insupportable en cette période de crise économique et sociale qui frappe si durement la France. Tous les Français se sentent menacés, trop souvent même frappés, sauf quelques dizaines de milliers qui restent protégés. Le déficit budgétaire atteint plus de 100 milliards d'Euros et l'Etat français continue, avec son bouclier fiscal, à verser à quelques privilégiés des chèques d'une valeur moyenne supérieure à 33 000 euros. Le chômage explose et l’Etat français continue de subventionner les heures supplémentaires par rapport aux embauches.

La Grande-Bretagne ou les Etats-Unis ont décidé de faire contribuer les plus riches à la lutte contre la crise ; en France, l'UMP s'accroche désespérément à son « paquet fiscal » et s’enferre dans l’inaction.

C'est pourquoi nous demandons la suppression du « paquet fiscal », ce qui permettrait de dégager 15 milliards d’euros par an et de mener ainsi une vraie politique pour améliorer le quotidien des Françaises et des Français et sortir la France de la crise.

Signez et faites signer :
http://actus.parti-socialiste.fr/2009/03/18/pour-la-justice-sociale-pour-la-relance-abrogeons-le-paquet-fiscal/

L'argent n'a pas de prix... - 12/05/2006

Thème central de la campagne présidentielle de Jacques Chirac en 1995, la lutte contre la fracture sociale et l’exclusion était l’axe central de la politique menée par Alain Juppé. Relayée depuis dans le plan de cohésion sociale du Gouvernement Raffarin et Villepin, et annoncée par des médias complaisants, elle semble être une priorité de la droite.
Chaque jour, une annonce, un effet, une proposition. Mais la réalité ? En politique, la mémoire peut nous faire défaut, il est temps de faire un petit tour dans les chiffres, qui résistent, de fait, aux déclarations les plus tonitruantes...

En 2001, les salaires des PDG du CAC 40 ont augmenté de 18 % pendant que le revenu disponible brut des ménages a augmenté de 5,0 %.

En 2002, les salaires des grands patrons ont été en progression annuelle de 15 %, avec en moyenne 2,07 millions d'euros. Le revenu disponible brut des ménages de 4,8 %.

En 2003, l’augmentation moyenne des salaires des PDG du CAC 40 fut de 14 %. Le revenu disponible brut (RDB) des ménages n’a lui augmenté que de + 1,7 %.

En 2004, avec une augmentation de 9,8 % de leur rémunération brut, les patrons gagnent en moyenne en une journée le salaire annuel d’un smicard ! Le revenu disponible brut des ménages a progressé de 3,1 % en moyenne.

En 2005, quand les bénéfices des entreprises ont augmenté de 30% et les dividendes de 27%, le salaire mensuel de base a augmenté de 3% en 2005. Si l’on déduit la hausse des prix, donnée par l’INSEE, qui a été mesuré à +1,6% en 2005, le gain net de pouvoir d’achat des salariés est en réalité de 1,4 point.

C’est ainsi, pendant que les écarts de richesse se creuse inexorablement, la moitié des Français gagnent moins de 1 400 euros par mois, et 70 % gagnent moins de 1 800 euros. 12% de la population française, soit environ 7 millions de Français, vit en dessous du seuil de pauvreté, fixé à un revenu d'environ 768 euros par mois et par adulte, selon l’indicateur européen d’Eurostat.

Deux faces d’un même monde et deux photographies d’un profond mensonge. De chaque côté de la barrière, des millions, d’euros ici et de pauvres là. Les émeutes urbaines avaient constitué, pour Jacques Chirac le 6 novembre dernier, je cite, «une crise de sens, une crise de repères, une crise d'identité» à laquelle «nous répondrons en étant fermes, en étant justes, en étant fidèles aux valeurs de la France».

Aujourd’hui des millions d’enfants, d’hommes et de femmes ne vivent qu’à la marge de notre société. Ils veulent juste manger, avoir un logement décent, étudier ou travailler, se soigner... comme les autres dans un pays dont le niveau de richesse devrait le leur permettre.

Coup de gueule de rentrée - 06/01/2006

Comme à chaque fin d’année, nous avons pu voir les médias faire le bilan des mois écoulés. Le panorama de l’année 2005 est éloquent : des violences urbaines aux jacqueries des salariés un peu partout en France, des atteintes répétées au droit du travail aux réformes fiscales injustes, c’est partout le même paysage d’injustice sociale qui nous saute aux yeux. La France des précaires, des travailleurs pauvres, des salariés, du Rmi et des Assedics, des Sdf et des logements sociaux est assommée par des réformes toujours plus injustes, toujours plus profondes et dévastatrices. Deux mondes inexorablement adversaires dans la lutte pour la vie, s’affrontent dans un combat inégal. La droite est la droite, on ne peut lui reprocher d’être elle-même : la loi du plus fort, donner plus à ceux qui ont plus, la rente plutôt que le travail, la capital transmis de génération en génération avec la reproduction des élites par les élites elles-mêmes, tout cela nous le (re)connaissons.

Mais ce qui est complètement incroyable dans toute cette histoire, c’est qu’on se croirait revenu au temps du « Mur de l’Argent », des barons industriels du grand capital et de la lutte des classes. Les pouvoirs sont certes à des places différentes, ils sont désormais dans les médias, les services ou la distribution, mais c’est la même centralisation, la même connivence et les mêmes conflits d’intérêts qui sont à l’œuvre. Et bien sûr ce même mépris des salariés, des services publics, et de leurs fonctionnaires, cette façon de considérer que le monde n’est bien géré que par la droite et l’argent. On retrouve cette même arrogance des puissants qui s’interrogent encore devant la misère, sans comprendre qu’on ne puisse réussir dans ce monde, sans comprendre les problèmes gigantesques du chômage ou de la maladie, de l’ignorance ou de la pauvreté.

Et puis, cette sensation des dominants non pas d’être des privilégiés mais d’être méritants. Ils étudient mieux, travaillent mieux, votent mieux, car ils comprennent , eux la loi du marché. Ainsi, la faute du chômage (la faute, avec ce qu’elle contient de punition divine…) retombe tout naturellement sur le chômeur, la maladie sur le malade, la pauvreté sur sa victime, et c’est ainsi qu’on peut sérieusement sanctionner un chômeur qui refuse un salaire de misère loin de chez lui, qu’on augmente le forfait hospitalier sur tous les patients. La loi du marché nous organisant le meilleur monde possible, pourquoi se plaindre ? Travaillons-nous assez ? Sommes-nous assez performants ? N’est-ce pas en nous qu’il faut chercher les problèmes à résoudre ? Ici on ne parlera pas de solidarité mais d’assistanat, de redistribution mais de racket, de précarité mais de flexibilité.

De temps en temps, pour apaiser la colère du peuple, on organise des chasses aux sorcières et des lynchages médiatiques, on lâche les chiens sur une profession ou sur une partie de la population : le grand gaspillage des fonctionnaires, le grand scandale des impôts, la faillite des ZEP *, la polygamie, que sais-je encore ?
Mais il faudra plus que du pain et des jeux, le panem et circences des empires romains décadents pour masquer les graves atteintes à l’équilibre républicain de notre pays. Un impôt sur la fortune amoindri, priorité au capital plutôt qu’au travail, explosion des inégalités dans les départements et les régions, inégalités devant l’éducation, le travail, le logement, la santé et peut être tout simplement le bonheur...

Voilà donc mon bilan bien morose d’une année 2005, marquée par de nouvelles atteintes aux principes de liberté, de fraternité et d’égalité, par la surdité du gouvernement et par l’arrogance des puissants. Drôle de vœux me direz-vous ! A l’heure où s’échangent paroles d’espoir et promesses de réussite et de bonheur, voilà qu’un rabat-joie s’échine à nous briser les jambes. Et bien non ! Résolument non ! Comme tout militant je ne me résigne pas. Car je sais que nous sommes dans le droit et dans la justice. Nous pouvons douter mais parce que nous sommes nombreux, parce que nous sommes déterminés et que nous agissons chaque jour contre cette machine, nous sommes encore en état de modifier le cours du monde. Et puis surtout parce que nous en avons le devoir, pour tous ceux qui ne peuvent se défendre eux-mêmes.

Alors 2006 ne devient qu’une étape supplémentaire à notre chemin de reconquête, une année où nous serrons les dents et les coudes, et où nous travaillons ensemble. 2006 ! La préparation des victoires... Pas mal, non ?

ZEP : zones d’éducation prioritaire.

Cartes postales estivales - 04/09/2005

L'été est la saison des cartes postales. J'ai trouvé par hasard un sac postal, égaré sans doute par quelque compagnie privée. Il manque les auteurs de ces courriers. Saurez-vous les identifier ?

Ma chère Roselyne,
Ici il n'y a plus d'eau. On a beau fermer les robinets en se lavant les dents, rien à faire. Pourtant j'étais bien contente de voir l'ingéniosité des autochtones. Avec leurs bidons bleus sous les gouttières, ils récupèrent leur eau de pluie, c'est formidable ! C'est très bien comme idée, je la mettrai dans ma nouvelle loi sur l'eau...
Dame Tartine au Pays du beurre salé.(1)

Mon cher Louis Michel,
Ici au Niger, les gens n'ont rien à manger. C'est quand même incroyable, ils sont vraiment très mal organisés. J'ai eu beau leur expliquer les avantages de la libéralisation des échanges, l'OMC, la PAC tout ça, tout ça, vous savez bien que ventre affamé n'a pas d'oreilles.
Tintin au Niger (2)

Mon cher François B.,
Ici à Fouras, il y a décidément trop de marxistes. L'année prochaine, j'espère que nous pourrons partir en vacances ensemble.
Un joyeux camarade (3)

Mon cher Merlin,
Profite bien de ta retraite mais pas d'excès avec les avions, tu sais ce que cela nous coûte... Je suis toujours ta sorcière bien-aimée. J'ai déjà réenchanté les journalistes, je m'occupe du droit du travail... Ne t'inquiète pas, on continue sur la lancée.
La fée Carabosse (4)

Allez, on vous aide :

(1) Nelly Olin est la nouvelle ministre de l'écologie. Interrogée sur une rédio de Charente maritime, elle a déclaré que la sécheresse posait un grave problème sur le système écologique des cours d'eau. Pourtant, dans les récentes propositions faites par le gouvernement dans le cadre de la loi sur l'eau, on constate l'assouplissement du principe pollueur payeur, avec notamment l'abandon de la taxe sur les nitrates. Une fois de plus les consommateurs domestiques sont pénalisés et restent les plus gros contributeurs (88% du budget des agences de l'eau est financé par leurs taxes et redevances), alors que 68% de l'eau est consommée par les agriculteurs.

(2). Philippe Douste-Blazy cautionne les systèmes ultra libéraux les plus catastrophiques pour les liaisons Nord Sud, notamment dans le cadre de la PAC où des aides massives à l'exportation sont fournies aux agricultures européennes au détriment des cultures vivrières locales. Sur place, il se plaint de "l'avarice des pays riches". Mais de qui se moque t'on ? NB : Louis Michel est commissaire européen au Développement.

(3) « Il faut plus de flexibilité dans le travail », « j’approuve l’idée lancée par Michel Rocard d’affronter les pseudo-marxistes et leurs utopies fripées »... a déclaré dans le Figaro Bernard Kouchner. « Il a raison, il a mille fois raison », a affirmé le député UDF Maurice Leroy, qui s’est réjoui qu’il y ait « des hommes et des femmes de bonne volonté des deux côtés de la rive, si l’on arrivait enfin à faire un vrai grand parti du centre en France, je vous assure qu’on les ferait ces réformes qui sont tant attendues ». Sans commentaire.

(4) La présidente Laurence Parisot a déclaré, lors de l'AG du Medef du 18 janvier, "la liberté s'arrête là où commence le droit du travail". Lors d'un interview pour les échos, elle a ajouté : "ma vision s'inscrit clairement dans la continuité du travail réalisé ces dernières années ...par Ernest Antoine Sellière (ndlr). Néanmoins, je pense que nous pouvons aller beaucoup plus loin pour favoriser la liberté d'entreprendre et la réussite des entrepreneurs dans une économie mondialisée." On a froid dans le dos.

Et une dernière pour la route

Mon cher Lionel,
Ici à La Rochelle, la montée des marches s'était très bien passée. Des éminences de toutes les couleurs chuchotent dans les couloirs, et les sorties en ville sont très bien organisées. Pendant que des milliers de fourmis travaillent dans des salles pleines à craquer, à l'ombre des projecteurs, les papillons volètent à la lumière.Ton François

Propos révisionnistes : le cancer de la vérité - 28/01/2005

A la suite des nombreux reportages et débats qui ont commémoré la libération du camp d'Auchwitz, je souhaite à ma manière rendre hommage aux victimes. Au-delà de l'effroi des images et de la stupeur que l'on peut ressentir devant la cruauté, nous comprenons bien le devoir d'alerte que nous avons devant les menteurs par omission, par calcul ou par idéologie. C'est bien le témoignage de ces souffrances qui peut nous aider à faire comprendre l'innommable. D'Auchwitz, de Dora, de Bergen Belsen, de Ravensbrûck, de Mauthausen, de Sachenhausen, Buchenwald, Tréblinka, Sobibor, ....que reste-t'il dans les lieux et les livres ? Des millions d'êtres humains, juifs ou non juifs, résistants ou non, européens ou non, homosexuels ou hétérosexuels, nomades ou non, handicapés ou valides, combien de survivants pour continuer à nous rappeler l’horreur ?
Ecoutons-les encore et encore, car la mémoire de la barbarie est tout sauf facile à transmettre, tant on ne peut imaginer que la systématisation et le raffinement pervers de la mort des autres ait pu conduire des bourreaux si loin. C'est un grand problème pour nous et l'éducation, la conservation des sites et des documents, la diffusion des images doivent sans cesse lutter contre ceux, les odieux, qui minimisent, relativisent, inspirent sournoisement le doute, à coups de petites phrases ou de formules sans cesse plus audacieuses. Je serai en pensée avec tous ceux qui manifestent , car, entre les propos obscènes tenus par quelques révisionnistes et l'ignorance, il y a décidément trop de place pour l'oubli.

Ultralibéralisme : nous courons à notre perte… - 02/01/2005

L’économie ultralibérale ne crée pas, elle détruit. Elle tue les services publics. Elle crée une caste de rentiers, les actionnaires, toujours plus exigeants, et elle engendre des mirages, les bulles spéculatives : la net-économie, la bulle pétrolière, ou maintenant immobilière qui un jour ou l’autre explosent et font voler en éclat l’épargne des salariés. Non, l’ultralibéralisme n’a pas de morale, il encaisse ses profits et mutualise ses échecs. L’argent public devient intéressant lorsqu’il vient éponger les dettes ou réparer les déficits d’investissement comme en Grande Bretagne où le chemin de fer est progressivement renationalisé, après des morts liées aux défauts d’entretien des voies. Les différents accords internationaux comme l’AMI, le GATT, l’AGCS, et leurs structures de promotion que sont l’OMC, le FMI, et les banques centrales, laminent toute tentative de penser le monde autrement qu’en terme de marché. Osons penser que les problèmes fondamentaux de la planète proviennent directement du modèle ultralibéral : surconsommation des énergies fossiles, création exponentielle de déchets, effet de serre et pollution, disparition des terres arables et épuisement des ressources en eau, …Quel autre système permettrait d’acheter un permis de polluer ? Lorsque l’Inde, la Chine, le Pakistan et l’Indonésie, l’Amérique Latine, adopteront complètement le système ultralibéral, nous irons droit à la catastrophe environnementale, donc économique et sociale. Ce sont toujours les petits qui ramassent les poubelles des riches. La grandeur renouvelée de l’Europe serait de chercher d’autres voies. Elle a inauguré l’ère scientifique et industrielle, elle a donc des responsabilités à assumer. Et sans aucun doute les moyens d’inventer de nouveaux modes de vie ensemble. C’est à nous d’en décider.

Asie du Sud Est : au diable les caméras - 17/01/2005

Asie du sud-est : au diable les caméras.

Au risque d’être politiquement incorrect, taxé d’outrance ou à tout le moins mal compris, je réclame la pudeur pour les victimes de la catastrophe en Asie, leurs familles et leurs proches. La société du spectacle nous rend tous voyeurs, nous impose inexorablement les scènes les plus impitoyables de la souffrance, du désespoir et de la mort, dans une surenchère odieuse entre médias. Submergé de messages lénifiants, dégoulinant de bonne conscience et d’hypocrisie, chacun d’entre nous devient inévitablement un acteur (in)volontaire de cette tragédie. La mort est la mort et la disparition des millions d’enfants, de femmes et d’hommes partout dans le monde de guerre, de famine ou de maladie (sida et paludisme en tête), rende odieuse et cynique cette « charity-business » orchestrée pour l’audience. Comme au gibet de Montfaucon, des corbeaux d’un nouveau genre se repaissent encore de la détresse humaine et nous imposent leurs délires visuels.

Pourtant la compassion que nous pouvons ressentir et les actions que nous pouvons entreprendre pour aider ces victimes ne relèvent que du domaine privé, loin des grands reportages et des interviews. Nous fumes tous américains après le 11 septembre. Serons-nous tous srilankais à partir d’aujourd’hui ? J’en doute fort. Tant il est vrai que cette conscience planétaire, ces solidarités et ces mobilisations de circonstance ne durent que le temps d’un soupir médiatique. Et dans six mois, lorsque tout sera silencieux, il manquera encore de l’acier, du ciment et de l’électricité dans les quartiers pauvres de Pukhet. L’eau potable manquera toujours à plus d’un milliard de personnes dans le monde. L’éducation à bien plus encore. Les caméras et les micros seront eux déjà ailleurs, car au fond, la fragilité humaine est partout. C’est donc une vaine colère qui m’anime. Elle ne m’empêche ni d’avoir de la compassion ni d’éprouver une grande tristesse. Elle ne m’empêche pas non plus d’agir dans l’intimité la plus absolue. Elle m’impose finalement le silence, par respect pour chacune des victimes.


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