Pierre Martinerie innover, avancer Conseiller général de Mâcon Sud
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Décentralisation : l'impasse - 03/07/2010

La décentralisation telle que prévue dans la loi du 19 Aout 2004 est une décentralisation déstabilisante pour les départements. La manière d'gir de l'Etat et le coût des compétences transférées ont provoqué à juste titre la colère des Elus. Recueil des textes en rapport avec cette thématique
La colère des Elus - 10/03/2006

Bientôt deux ans qu’un gouvernement, dépossédé de légitimité par tous les scrutins successifs, nous impose son rythme accéléré de réformes libérales. Bientôt deux ans que nous maugréons, que nous piaffons, que nous grommelons dans notre giron. Bientôt deux a ns que sans mot dire, ou si peu, nous prenons acte du mépris de l’Etat pour notre collectivité. Dois-je rappeler les conditions dans lesquelles se sont faits tous les transferts de compétences : pas de concertation préalable, un simulacre de négociation, un passage en force systématique. Au fond le même que pour le CPE, le CNE, la réforme de l’Assurance Maladie, les Retraites et toutes les réformes que le peuple déjuge à chaque élection. Et je n’évoque même pas les conditions techniques, une fois actées dans un bel unilatéralisme toutes ces nouvelles mesures : retard des décrets, manque d’information, échéances inadaptées, chiffrages approximatifs, ... La liste est longue de ces actes méprisant notre statut de collectivité, notre fonction d’élu, et ceux que nous représentons. Avez-vous encore en tête l’arrogance d’un préfet souriant devant nos difficultés de prévision du budget 2005, de la morgue avec laquelle il défendit le bilan de Raffarin ? Avez-vous le souvenir de tout le silence qui a suivi les questions qu’en bons élèves de la démocratie nous avions posées en 2005, dans le respect absolu du rôle de représentant de l’Etat et dans l’espoir raisonnable qu’il soit tenu compte de nos remarques ? Savez-vous combien de rencontres avec les ministres, dont Raffarin, De Robien, ont échoué ? Connaissez-vous une situation où nous oserions une telle attitude de déni et d’arrogance ? Entendez-vous les barons droitiers, les potentats locaux et autres larrons hurler au loup chez nous et voter des deux mains à Paris tous les textes qui nous entravent.

Nous avons jusqu’à présent parfaitement joué le jeu démocratique : appliquant les réformes, mêmes avec regret, dans le respect d’un parlement élu. Participant aux simulacres de négociations, prenant acte malgré nous des dispositions successives et souhaitant plus que tout minimiser au maximum les nuisances à la fois sur notre politique et sur les habitants de notre département. Nous avons écouté, sidérés, De Villepin, ce chef de gouvernement discrédité, nous montrer du doigt lorsque nous augmentons les impôts, Hortefeux proclamer sans vergogne l’évaluation de la politique d’insertion des départements, Chirac, continuer son pâle jeu de dupes. « Il y a des politiciens qui, si leurs électeurs étaient cannibales, leur promettraient des missionnaires pour le dîner. » (HL Mencken). Nous avons toujours su faire le deuil de la concertation, de l’accord politique et d’une véritable négociation avec le gouvernement. Où cela nous a t’il conduit à ce jour ? Depuis l’Assemblée des Départements de France en 2004 à Nantes, rien n’a vraiment changé, tout a empiré. Et les rencontres, les discours et les interviews dans la presse n’ont pas manqué. Il est désormais temps de montrer les dents, de rentrer dans le rapport de force. Je ne suis pas un chef de meute, ni un commissaire politique, mais là franchement, c’est trop ! Rappelons-nous toujours que l’Etat démantelé sera à reconstruire, que nous avons les mains liées par l’accumulation de ces mesures, que les dettes sont et seront réglées par les plus pauvres...Nous devons donc les arrêter. Comment ?

La semaine d’action du 6 au 10 mars, la montée en puissance de la revendication des collectivités, des UDSER et de la FNSER jusqu’au point d’orgue de la mobilisation nationale à Lille les 1 et 2 avril prochain, devraient nous permettre enfin, ensemble, partout sur le territoire, de défendre nos régions, nos départements, et surtout nos politiques. Alors signons la pétition sur le site internet dédié à cette campagne : http://www.lacoleredeselus.com., intervenons dans nos cantons et rassemblons-nous à Lille bientôt. Amitiés.

Décentralisation : les élus en colère - 25/02/2006

La décentralisation est une grande idée mise en œuvre par la gauche il y a 25 ans. Depuis lors, régions, départements et communes ont répondu aux besoins de leurs populations. Leur détermination à conduit à rapprocher les citoyens de l’action publique en même temps qu’elle a rendu celle-ci plus efficace. Cette avancée généreuse est depuis 2002 dévoyée par la politique des Gouvernements Raffarin et Villepin : injustice sociale, éclatement territorial, le pacte républicain est gravement mis à mal.
Détournée de ces objectifs, la décentralisation se résume aujourd’hui à un simple transfert de charges que l’Etat ne veut plus assumer. Transfert du RMI, des routes nationales, des personnels administratifs et ouvriers, réforme de la taxe professionnelle, « bouclier fiscal », autant de mauvais coups destinés à financer une politique d’allègement fiscal clientéliste. Ces cadeaux fiscaux aux plus favorisés sont payés par l’ensemble des contribuables dans leurs impôts locaux.

Cette politique étrangle les collectivités locales et vise à la réduction des dépenses sociales (RMI, APA, logement social …) que la droite au pouvoir considère comme improductives.

Toutes les collectivités et surtout les plus modestes sont frappées et réduites à choisir entre abandonner des politiques publiques pourtant indispensables ou augmenter une fiscalité locale déjà injuste et archaïque.

Quand l’Etat supprime la police de proximité et les emplois jeunes, quand il ne fait pas respecter l’obligation de construire des logements sociaux, quand il accroît sa dette et multiplie les déficits, quand il se désengage de l’action publique et laisse des territoires à l’abandon en supprimant des services publics de proximité, quand il se révèle incapable d’assurer la présence médicale, c’est tout le lien social qui est menacé de disparaître dans notre pays.

Nous élus refusons cet abandon, Nous élus n’acceptons pas le démantèlement du service public. Nous élus nous insurgeons contre le mauvais procès que le Gouvernement engage en nous accusant de porter une responsabilité dans le poids de la dette alors que nous sommes les premiers investisseurs publics, loin devant l’Etat.

Rejoindre le site des Elus en colère
[url]http://www.lacoleredeselus.com/[/url]

Un gouvernement qui ne manque pas d'humour - 16/02/2006

Mr de Villepin demande aux collectivités de limiter leurs dépenses. Mr de Villepin a de l’humour. Je ne crois pas que nous ayons demandé le transfert des ouvriers et techniciens de service des collèges, je ne pense pas que nous soyons responsables de l’augmentation des bénéficiaires de l’allocation personnalisée d’autonomie, ou que nous soyons maîtres de l’arrivée dans le dispositif RMI de centaines de chômeurs radiés des listes de l’ANPE. Mr de Villepin a t’il conscience du poids des routes nationales sur notre budget, du volume financier de la prestation de compensation du handicap, ou de la mise en place de l’allocation en faveur des sapeurs pompiers volontaires ? Si ces dépenses nous semblent parfaitement légitimes, nous savons tous dans quelles conditions autoritaires elles ont été imposées aux départements. Mr de Villepin est donc un tantinet manipulateur, il décide des dépenses, les vote et les reproche ensuite à ceux qui les exécutent. C’est un peu la même chose en Saône et Loire. Les cris d’orfraie des parlementaires ne laissent pas de nous étonner. Nous appliquons des mesures et des coûts qu’ils ont eux-mêmes votés à Paris, et à Mâcon. Qui n’a pas su maîtriser des loyers et du chauffage, les assurances et les services financiers ? Qui a déremboursé de nombreux médicaments et augmenté le forfait hospitalier ? Qui n’a pas voulu utiliser la taxe sur les produits pétroliers pour maîtriser l’envolée des cours du carburant ? Qui a plafonné l’Impôt sur la Fortune ? Qui a décidé les cadeaux fiscaux aux plus aisés tout en réduisant les intérêts des livrets et comptes épargne des ménages ? Certains produits d’alimentation ont enregistré des hausses de 15 à 20 %, malgré les agitations médiatiques des ministres et des distributeurs. Au bout de cette chaîne infernale, il y a le département, qui tente le maximum : allocation de rentrée scolaire, gratuité des transports scolaires, aides à l’emploi, aide au logement social,…Des faits concrets, pour les habitants de Saône et Loire. Mr de Villepin, son gouvernement et ses parlementaires, ont promis des réductions d’impôt sur le revenu. Il est bien temps de vérifier la portée de leurs promesses.

Pour le maintien de la puissance publique - 01/07/2005

La dernière session du Conseil Général a permis de lancer de grands chantiers pour l’ avenir de notre département, avec en référence le respect des engagements pris devant les électrices et les électeurs en 2004. Dans la collégialité et la transparence, nous avons pu faire avancer des dossiers importants et structurants pour le département que nous voulons construire. Aménagement du territoire, solidarité, cadre de vie, égalité des chances, sur tous ces fronts nous répondons présents. Ces quelques principes doivent baliser la consolidation de notre projet pour les années 2006 et 2007, dans la continuité des engagements pris.
La réforme des aides aux communes et intercommunalités rendra cohérente et lisible notre intervention, la mise en place d’un Agenda 21 départemental coordonnera différentes approches pour le développement durable de nos territoires, les changements apportés au plan départemental d’ insertion rendront l’ offre d’insertion plus dynamique, l’ extension de la gratuité des transports scolaires et la bourse de rentrée apporteront une réponse significative aux difficultés de nombreuses familles pour surmonter les dépenses de rentrée.
A nos adversaires qui taxent notre gestion de « dispendieuse » et nous accusent de créer des « irresponsables », nous savons opposer le principe d’ une redistribution de l’ argent public basée sur le socle de l’ égalité. A l’ heure où les vertus du libéralisme sont érigées en dogme et sont sans cesse présentées comme un gage de modernité, nous réactivons le rôle de la puissance publique dans la maîtrise des choix politiques. Nous sommes au contraire de ceux qui croient en un modèle de développement fondé sur la primauté de l’ intérêt général, pour lequel la délibération et la règle collective qui découlent de la souveraineté politique précèdent l’aspiration individuelle. Ce qui n’ empêche pas la libre entreprise et la créativité personnelle…bien au contraire.
Ce n’ est en effet pas notre modèle social qui crée 3 millions de chômeurs, c’ est bien plutôt une série de décisions d’inspiration libérale qui ont brimé le pouvoir d’ achat des salariés, ont brisé des mécanismes de solidarité et ont affaibli la capacité financière de l’ Etat à agir sur l’ environnement économique. A l'heure où la droite discute d'un abaissement de l'Impôt Sur la Fortune - ISF, d'exonérations de charges sociales et de contrats de travail de deux ans, démembre l'Etat et vend par lots ses plus beaux fleurons, nous devons défendre une action volontariste de la collectivité seule à même de juguler cette tendance à ériger la compétition sociale, mais aussi celle des territoires comme modèle absolu, et conserver au département son rôle protecteur et créateur de richesses.

Routes nationales : un transfert à hauts risques… - 15/04/2005

Le 14 mars, la majorité du Conseil Général s’est exprimée contre le transfert au département des routes nationales par l’Etat. L’opposition a accepté sans réserve le projet. Le principal argument avancé des élus qui se sont prononcés pour cette gestion des nationales est la compensation dite « à l’euro, l’euro » garantie par la Constitution. Si le sujet n’était pas si grave et le mensonge si grand, nous pourrions en sourire. C’est ce même gouvernement, sensé garantir le transfert des moyens, des personnels et des budgets routes, qui nous doit déjà pas moins de deux millions et demi d’euros pour l’attribution du RMI en 2004. L’Etat nous donnerait aussi le budget correspondant au transfert des personnels de la direction de l’Equipement, mais sans ajouter les frais supplémentaires liés aux charges des salaires, les frais de médecine du travail et d’assurance. Notre plus grande inquiétude concerne la route nationale 6. Une voie européenne, dont tout le monde imagine la haute technicité, les coûts d’entretien, les budgets d’investissement et les contraintes de circulation : des millions de véhicules chaque année, un itinéraire de déviation si l’autoroute est fermée. Mr Raffarin nous octroierait des crédits d’investissement pour la réparation et la rénovation de cette nationale à hauteur des trois dernières années, c’est-à-dire justement celles où l’investissement était le plus faible. A Mâcon, à Chalon sur Saône, à Sennecey-le-Grand, des travaux seront sans doute nécessaires. Qui paiera ? Nous soutenons nous une politique ferme de négociation dans l’intérêt des personnels de l’Etat et du budget du département. Nous exigeons des financements assurés, pérennes et correctement évalués, pour garantir la qualité de toutes les routes de Saône et Loire. Nous sommes malheureusement seuls à le faire.

En avoir ou pas... - 04/10/2005

Les lois de décentralisation ont progressivement attribué au département la responsabilité l'ensemble des secteurs de l'action sociale : le revenu minimum d'insertion, des fonds pour les jeunes en difficultés et les personnes mal logées, l'aide médicale, l'aide sociale à l'enfance, l'aide sociale aux familles, l'aide sociale aux personnes âgées qui regroupe l'aide à domicile et l'aide financière au placement familial ou en établissement, l' aide aux personnes handicapées adultes, à domicile ou en hébergement, versement de l'allocation compensatrice pour tierce personne. Le Conseil Général a donc acquis un rôle majeur dans la protection des plus démunis, dans le soutien aux plus fragiles et dans les actions de réinsertion.
Dans les diagnostics que nous devons faire, les objectifs que nous devons définir et les décisions nous devons prendre, chacun pourrait apporter sa pierre à la réflexion. Or, de quoi parle notre opposition ? De la planification socialiste, de l'impôt socialiste, de la dépense socialiste... C'est simple, facile à comprendre, cela économise d'avoir des idées. Parce qu'en tout cas, cela n'apporte pas grand chose aux vraies questions qui nous sont posées : conditions de vie et d'accueil des personnes âgées, augmentation du nombre des personnes éloignées de l'emploi, soutien aux personnes handicapées,...
Certes, nous ne sommes pas d'accord, certes des options politiques fondamentales nous séparent. Mais justement, quitte à politiser le débat, faisons le au service des habitants de Saône et Loire. Faisons plutôt le point sur nos choix de société, argumentons sur chaque projet, défendons pied à pied des positions pour l'avenir. Mais qu'on nous épargne les palinodies et les antiennes à deux sous. Les incantations, les procès d'intention et les simplifications n'aident pas à la crédibilité de notre travail quotidien. Au contraire, les défis ne manquent pas pour utiliser notre intelligence.
Lorsque autant de problèmes sont à régler dans la société française : emploi, éducation, santé, ..., il n'y a pas vraiment de place pour les chaises vides... Nous avons toujours expliqué nos choix. Nous en attendons de même des représentants du gouvernement en Saône et Loire et de l'Etat.


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